25 avril 2017

Le vagabond des étoiles – Jack London

Quelles vies avons-nous vécues avant de connaître celle-ci ? Pourquoi sommes-nous incapables de nous en souvenir ? Existerait-il un moyen de forcer la mémoire à nous revenir ?
Darrell Standing a été condamné à la prison à vie. Enfermé dans les cachots de San Quentin, torturé par des gardiens sadiques et par un directeur incompétent. Standing est condamné à souffrir les horreurs de la camisole de force, qui compresse le corps, écrase les organes internes et crée une souffrance que rien ne vient soulager. Jusqu'à ce que, communiquant avec lui en cognant sur les murs des cachots de haute sécurité, un certain Ed Morrell lui glisse le secret de la mort temporaire, qui permet de s'échapper de son corps et de retrouver, en conscience, le souvenir de vies antérieures...
Le vagabond des étoiles (the Star rover) est un étrange roman, mais c'est avant tout une vigoureuse dénonciation, très politique, du système carcéral et des mauvais traitements qu'on y subit. Coups, tortures, soumission à l'arbitraire d'une direction hors de tout contrôle... London a basé son texte sur le témoignage d'un ex-prisonnier condamné au cachot, Ed Morrell. Il y déploie son art du conteur, dans un mélange de style journalistique et pamphlétaire. Et au-delà des tortures et des coups, il emmène le lecteur dans les vies intérieures (à lui de décider à quel point il s'agit d'une mémoire, à quel point d'une imagination) d'Ed Morrell/Darrell Standing, dans des récits qui sont autant de nouvelles mêlés à la trame générale du livre, qui nous emmèneront sur les mers ou bien dans la peau d'un enfant membre d'une troupe malheureuse de pionniers dans les années 1860...
Le vagabond est un double roman "à thèse", sur la condition carcérale et sur la métempsycose, ce qui n'aide pas à faire de la bonne littérature. A moins que l'auteur ne s'appelle Jack London, car parvient à partir d'une matière aussi difficile à construire un livre plein de souffle, de force et de colère, qui j'ai commencé un soir avec un peu de curiosité et que je n'ai pu lâcher avant de l'avoir fini. Torture des corps, luttes sociales, puissance de l'imaginaire et de la fiction...
Et le lecteur des littératures de genre ne manquera pas de rapprocher le thème du Vagabond et les récits de James Allison de Robert Howard. La mémoire des vies passées nous permet de nous souvenir d'aventures sanglantes et furieuses, remontant parfois avant les début de l'histoire humaine telle que nous la connaissons...

(Et il faut que je continue à lire du Jack London. Quel écrivain !)

17 avril 2017

Topkapi – Jules Dassin

Soient les années 60, couleurs acidulées, ambiance de fête foraine criarde. Soit un voyage à Istanbul, la dague du sultan ornée d'émeraudes magnifiques  gardée dans le palais/musée de Topkapi. Soit enfin une bande de voleurs très improbable. Les bijoux étincellent, les automates grincent, la police secrète turque (lunettes noires, fines moustaches) est sur le dents.
Topkapi est un film de casse, avec équipe bizarre (très foraine), rebondissements tordus et humour décalé. L'ambiance de cette histoire est unique, avec des acteurs bizarres (Melina Mercouri, Peter Ustinov...), pas du tout formatés - la variété des corps, des trognes, des faces dans ce film est stupéfiante. Le film est plastiquement étonnant, lumières et photos sont très réussies, on a beaucoup aimé l'ambiance particulière des lieux, entre la Grèce et Istanbul (dans mon souvenir, la Turquie y est bien mieux filmée que dans bons baisers de Russie, par exemple).


(oui, c'est Joe Dassin. Non, il ne chante pas.)





Le film se tient entre le bizarre, l'ironique et le wow. Et le casse tient toutes ses promesses.
(merci encore à David C !)

15 avril 2017

Network – Sydney Lumet

De temps en temps, on tombe sur un film  ancien vraiment génial dont on n'avait jamais entendu parler auparavant. Network en fait partie (merci David C. pour le conseil !).




On est donc dans les années 70, dans les locaux exécutifs d'une chaîne de télé aux audiences en berne, et le présentateur historique de la chaîne (brushing de cheveux blancs, voix posée) vient de se faire virer, et il le prend mal, au point de parler de se suicider sur le plateau. Il ne le fera pas, mais la nouvelle est tellement surprenante qu'elle attire les téléspectateurs et hop, l'audience remonte ! De quoi donner des idées aux hommes nouveaux et très dépourvus de scrupules qui veulent que la bête crache plus d'argent, d'autant que parmi ces hommes se trouve une femme, Diana Christensen (joué par Faye Dunaway, actrice que j'adore) qui est vraiment très, très... vous verrez en voyant le film.



Network est une satire violente qui ne nous paraît pas si satirique, vue depuis notre époque, juste sinistrement prophétique. C'est drôle, flippant, grinçant, très très bien écrit, très bien joué, du cinéma américain de grande classe, avec plein de scènes de bureaux, d'immeubles de verre, de réunions d'actionnaires, mais aussi des terroristes communistes, un prophète de l'apocalypse, du mysticisme corporate (ça ne vous rappelle rien?) et une étrange forme de démon aux yeux vides, entièrement façonné par la télévision.
I'm mad as Hell ! I can't stand it anymore !


14 avril 2017

Lune sanglante - James Ellroy

Je suis tombé sur cet Ellroy chez un bouquiniste. Et comme j'aime bien cet auteur (on l'aura vu ici, par exemple), je l'ai acheté.
On a donc, d'un côté, un tueur en série (très méchant et très habile). De l'autre, un flic un peu traumatisé mais tout à fait brillant, Lloyd Hopkins. Et comme terrain de jeu, Los Angeles, années 80. On va passer du point de vue de l'un au point de vue de l'autre. Il y aura de la corruption, des ambiances lourdes, des flics qui s'engueulent, un divorce, du sexe, de la drogue, de la corruption, on est chez Ellroy, on aura compris. L'ensemble donne un bon roman policier de flic courant après un assassin, mais pas un très bon roman, loin des chefs d'oeuvre que sont par exemple le Dahlia noir, ou le Grand nulle part. On reste dans un roman "ludique" (à sa façon horrible), un peu théorique, à l'exception de l'unique chapitre "historique", celui des  émeutes de Watts en 1965, qui est tout à fait brillant.
Par ailleurs, Ellroy est loin très loin d'être un féministe, or ce roman parle beaucoup de femmes, de féministes, d'homosexuelles, etc., avec une obsession assez lourde et un peu gênante. 
Bref, une lecture intéressante, un livre quand même pas mal, mais loin des œuvres majeures du même auteur.

10 avril 2017

Ceres et Vesta – Greg Egan

Soient deux communautés spatiales situées sur des astéroïdes, ayant besoin l'une de l'autre pour survivre. Soit un conflit politique local à l'une des communautés qui s'exporte et vient pourrir la vie de l'autre. Soit une crise qui s'envenime...
Cette novella de Greg Egan propose une situation qui rappellera d'autres situations connues de notre temps sans en rappeler aucune précisément, avec des communautés spatiales suffisamment petites pour que les choix et les responsabilités tombent sur les épaules d'un petit nombre d'acteurs. Bref, tous les ingrédients pour une authentique tragédie. Le récit est bien mené, souvent angoissant, le livre s'avale d'une traite, j'ai été effrayé par le déploiement de bêtise meurtrière qu'il décrit.
Pour revenir à la tragédie, je trouve toutefois que la dimension allégorique du récit le plombe, d'autant que Egan n'a jamais été très doué pour créer des personnages (a l'exception de ceux de Zendegi). La tragédie elle-même ne me paraît pas bien fonctionner : pourquoi Anna est-elle seule à prendre sa décision ? Où se trouvent ses chefs, son gouvernement ? Pourquoi n'a-t-elle pas enregistré ce qui se disait dans ses échanges avec le Scylla ? S'il y a bien une chose que j'ai apprise en milieu professionnel c'est que les décisions pourries se prennent à plusieurs. Par ailleurs, le problème politique développé dans l'histoire me semble un peu hors-sol, trop artificiel et rationnel pour être vraisemblable.
J'ai par contre été très séduit par les images développées par le roman, les semelles gecko, les lignes pour se déplacer, les convois de rocs gainés poussés à travers l'espace, le curieux jeu démocratique... Ca fait rêver. En fait, je voulais en savoir plus sur la vie dans les astéroïdes.
On aura compris que c'est un genre d'endroit que j'aime bien visiter depuis The Expanse (la série, pas le livre). On y retourne ?
PS: ces petits bouquins de la collection Une heure lumière sont vraiment jolis et plaisants à lire. Une belle réussite éditoriale !

07 avril 2017

Ghost in the Shell - Mamoru Oshii


A entendre parler du film avec Scarlett Johansson, Juliette Binoche et Takeshi Kitano (dont les images m'ont l'air bien jolies, et les personnages bien white-washés), j'ai eu envie de revoir le film d'origine, vu à sa sortie et pas vraiment revu depuis. J'en gardais un souvenir fort : des dialogues pontifiants et philosophiques, un scénario confus, des scènes d'action très marquantes et des moments planants sur la superbe musique de Kenji Kawai. 



Et bien mes souvenirs étaient plutôt justes. En fait, les scènes d'action sont si puissantes que même avec vingt ans d'écart, je les avais encore en tête. Les dialogues lourds sont là aussi, mais pas si importants, et le scénario n'est pas si compliqué, on sent juste que des scénaristes ont voulu faire entrer dans un film ce qui collait mieux sur un format plus long. J'ai surtout été émerveillé par les vues de la ville, les trips visuels techno-informatiques, les hélicoptères sous la pluie, les visions par l'intermédiaire de caméras, les gens qui se branchent des fils dans la nuque, les vitres qui explosent... Ce film déploie une poésie du futur (comme Blade runner et d'autres) dont je me rends compte qu'elle m'a habité depuis lors. Et, malgré ses défauts, Ghost in the shell est un grand film.



Lors du re-visionnage, j'ai été frappé par le traitement du corps du major Kusanagi. Elle apparaît souvent nue (dans très belle séquence du générique ou quand elle porte sa sorte de double-peau qui la rend invisible) et elle n'est pas attirante au sens conventionnel. Elle dégage autre chose, une forme de perfection physique et de puissance froide, comme si, malgré la couverture de chair artificielle, on parvenait à distinguer le cyborg. Et la scène où le robot se déchire et se détruit lors du combat contre le tank m'a pris aux tripes.


04 avril 2017

L'éveil de Léviathan – James S. A. Corey

Le lecteur se rappellera peut-être que j'avais beaucoup aimé la série The Expanse. Une SF spatiale qui faisait des efforts de crédibilité, montrait des objets et des détails de la vie de tous les jours et me plongeait dans un univers vraiment accrocheur. Par curiosité, je me suis tourné vers les romans à l'origine de la série, pour retrouver, par plaisir, ce qui m'avait plu à l'image et voir comment avait fonctionné le travail d'adaptation.
Je peux répondre clairement sur ce point : le travail d'adaptation a été excellent.
L'éveil de Léviathan est un gros roman feuilletonant, basé sur deux personnages : Holden, ancien marin terrien officier en second sur le Canterbury, un transporteur de glace, et Miller, un flic de Cérès, un des astéroïdes colonisés de la Ceinture. Les deux vont se trouver pris dans une intrigue bien plus grosse qu'eux avec pièges spatiaux, assassinats, vaisseaux en dérive, complots politiques, etc.
En fait, le roman est bien moins bon que son adaptation. Tout ce que l'image permet de deviner (structures politiques en place, jeux de pouvoir) est là, mais bien expliqué et donc beaucoup trop simpliste. Les personnages, notamment Holden et ses compagnons survivants du Cant, sont bien moins bien écrits que ceux qu'on voit à l'écran. Leurs relations sont simplistes, le personnage de Naomi Nagata est par exemple beaucoup plus faible que la fille incarnée par Dominique Tipper.
Le scénario est aussi assez faible, tournant à l'aventure hollywoodienne à deux francs (la fin du livre) avec gros pathos là où je m'attendais à quelque chose de plus fin et plus intéressant. Bref, tout ça n'est pas très bon. Pro, bien lissé, facile et amusant à lire, mais ne cassant pas trois pattes à un canard. 
La SF proposée par ce livre est une SF de distraction, se basant surtout sur l'aventure. Je suis frappé par exemple du peu d'imagination sociale et politique liée aux états spatiaux. J'attendais plus.
Je me demande si le livre ne porte pas les marques de son origine : un univers de MMO spatial (donc simpliste pour être facilement vendu) devenu un jeu de rôle par forum (donc groupe de persos bien typés). De fait, ce roman a tous les défauts de la littérature de rôliste. 
Sa plus grande qualité a été d'être transformé en une série télé réussie, pour laquelle ses défauts sont bien moins visibles. Mais maintenant que je connais un peu l'intrigue inspirant la deuxième saison de la série, je ne me sens plus très motivé pour la regarder.

30 mars 2017

Lord Peter et l'autre – Dorothy Sayers

Sous ce titre un peu bizarre se cache Murder must advertise, un autre excellent roman policier de la série des Lord Peter. Une nouvelle fois, Dorothy Sayers montre qu'elle ne suit aucune recette et que chaque roman est le fruit de contraintes et de questions originales. Dans celui-ci, nous commençons le récit dans une agence de publicité londonienne en 1935, pleine de rédacteurs et de dessinateurs qui produisent ces affiches, ces slogans, ces grands placards qui font (déjà !) vivre les journaux. Mrs Sayers a travaillé avec succès dans ce milieu et on sent bien que ce roman est un condensé de ses souvenirs et de ses remarques. Bavardages, petites jalousies, sorties corporate (comme on ne disait pas à l'époque), contraintes de délais... 
Débarque dans l'entreprise – dans la vie de l'auteure, en quelque sorte – un nouveau rédacteur léger, amusant, élégant, nommé Bredon, "l'autre" du titre français, "autre" dont on devinera sans peine la véritable identité même si très vite il semble mener une vie indépendante. Et pourquoi se serait-il fait embaucher dans le personnel ? Parce qu'un des rédacteurs a fait une chute mystérieuse dans l'escalier le plus raide...
Au-delà de l'amusante intrigue policière, au-delà des portraits une nouvelle fois très réussi, du groom aux secrétaires, des patrons aux employés, en passant par la belle et mystérieuse Diane de Plangy, au-delà encore du thème du double (puisque Lord Peter, en quelque sorte, se dédouble dans cette histoire), on là un passionnant roman se déroulant dans un monde professionnel tout à la fois proche et lointain, celui des pubeux de 1935. Ce thème de la publicité traverse tout le roman, le rendant étonnamment moderne.
Je crois que je l'ai déjà écrit, mais je le redis : vous pouvez lire les histoires de Lord Peter, elles sont toutes très bien.

27 mars 2017

Comment faire jouer le rejeton d'Azathoth ?

Dans la quête sans fin de bons scénarios à faire jouer (en jdr classique, pas en narrativo-vegan, merci), j'ai été orienté par l'excellent Nébal vers le Rejeton d'Azathoth.
Nous voici donc dans une nouvelle réédition Sans Détour d'un "classique" des années 80 de l'aventure lovecraftienne. Le livre est bien fait, bien présenté, les compléments historiques sont bien tournés, les photos plutôt très bien choisies, on se retrouve vite plongé dans l'ambiance des différents lieux de la campagne. Je ne vous résumerai pas le contenu du bouquin, l'ami Nébal le fait déjà d'une manière qui, je l'espère, vous donnera envie de faire jouer cette histoire.

Quelques questions d'ordre éditorial.
Si je suis globalement séduit par les productions de Sans Détour (malgré la terrifiante inflation de leurs prix 1/1D6 points de SAN perdus quand j'ai vu la dernière campagne de foulancement en cours), je reste curieux de savoir s'ils ont réellement fait jouer les campagnes qu'ils publient. Parce ce qu'en ce qui concerne le Rejeton, plusieurs points sautent aux yeux. Si l'esprit de la campagne, ses thématiques, ses décors, ses personnages sont séduisants, la présentation des évènements, des liens entre les morceaux me donnent l'impression de disposer d'un tas de noms, de jolies pièces de puzzle, sans vraiment de liens entre elles. Et si on peut pardonner ce manque de lien à Keith Herber (l'auteur original), je trouve dommage qu'une réédition digne de ce nom ne fasse pas un peu plus d'efforts pour guider les MJs sur comment faire jouer ce vieux machin.
Voici donc quelques éléments que j'aurais aimé trouver dans ce gros bouquin sympathique (je pourrais dire la même chose de presque n'importe quelle campagne publiée par SD.).
- une approche thématique pour donner une ambiance générale à la campagne.
- de multiples suggestions d'accroche des joueurs. Pas le "vous êtes le détective privé employé par le juge Braddock", mais plutôt des suggestions de liens forts entre les PJs et l'académie du mardi soir, par exemple.
- différentes propositions de manière de faire jouer l'histoire. Allez, en vrac : les PJs sont les enfants Baxter. Les PJs sont membres d'une société secrète liée à Eibon. Les PJs sont des agents du GPU. etc, etc. Baxter en chef de culte, Baxter en savant qui a regardé trop loin. Etc. etc.
- un travail sérieux pour lier le scénario de Saint Augustine avec le reste de la campagne.

Les approches de la campagne pourraient s'inspirer par exemple de celle-ci, lue sur Casus NO.

Une proposition pour faire jouer la campagne
Après réflexion, voici la manière dont j'aimerais aborder cette histoire. 
(si vous comptez jouer la campagne, ne lisez pas plus loin ! alerte aux SPOILERS !!)
La thématique de l'histoire est une fin du monde cosmique, avec un mystérieux bolide fonçant vers la Terre, des araignées géantes et des gens qui en deviennent fous. Là couche intéressante là-dessus est celle du rêve. Au fond, cette fin du monde est-elle réelle ? Est-elle le fruit de la folie de Philip Baxter et de ses copains ? Faire des PJs une bandes de tarés luttant contre une fin du monde que personne ne voit venir est une idée assez cool.
Je trouve par ailleurs que la figure de l'araignée comme symbole d'Azathoth, et le lien entre araignée et météore est assez naturel.


Enfin, le tout me semble tourner autour de la personnalité de Philip Baxter, un rêveur tout à fait lovecraftien.
Voici donc ma lecture de l'histoire.
Tout d'abord, je situe le récit en 1907, avec l'idée de faire une scène de fin en 1908 (en espérant surprendre les joueurs. Après tout, historiquement, en 1908 un énorme machin s'écrase au coeur de l'Asie...). Rien dans l'histoire ne la lie très fort aux années 20, on peut donc facilement la glisser 20 ans en arrière.
Philip Baxter n'est pas un archéologue, mais un ethnologue-anthropologiste (on disait comme ça, je crois), un peu voyageur et beaucoup scientifique en chambre. Un lecteur actif et ardent, brasseur d'idées, spécialisé dans les représentations du cosmos chez les peuples primitifs. Vers 1885, il publie Researches into Star Myths, son bouquin le plus connu.
Il a perdu son épouse très tôt et a veillé sur ses enfants, à l'exception du temps d'un long voyage en Russie, à Saint-Petersbourg, chez son correspondant, Dmitri Passelov. Le voyage aurait dû être le séjour d'un été, mais le professeur s'éprend de la volcanique Efraïma Nikolaievna Passelova, sœur du précédent, qu'il finit par épouser selon le rite orthodoxe. Le séjour tout comme le mariage durent trois ans et c'est finalement elle qui demande le divorce, laissant le pauvre Baxter, essoré et épuisé, retourner à Providence et rejoindre sa vie tranquille.
Vers 85, Baxter encore secoué se fait prescrire des narcotiques par son frère et travaille sur ses rêves. Il est dans un drôle d'état et, on ne sait comment, il trouve le chemin d'Ulthar. Là, le sage professeur vit une seconde vie sous les traits d'Exoumenos, le cavalier, toujours en quête d'Eulalia, l'astronome nomade, double onirique d'Efraïma mais aussi figure symbolique de la connaissance qui se dérobe. A Ulthar, dans la bibliothèque aux mille portes, Baxter découvre le livre d'Eibon qu'il étudie durant des années... et ne comprend qu'à moitié.
Du livre, il découvre l'existence de Nemesis, qu'il réinjecte dans ses propres recherches éveillées. Il publie des articles et des textes scientifiques montrant d'une manière totalement foireuses que l'astre tueur est présent dans nombre de visions cosmogoniques à travers le monde. Ses contemporains le critiquent (à raison: les lecteurs rationnels voient bien qu'il est quand même un peu barré), il s'isole un peu et avec un club de copains à lui (Wilson, Patterson et Passelov, venu aux US pour fuir la politique répressive du Tsar) ils discutent de sujets scientifico-esoriques puis fondent un observatoire dans le Montana qu'ils équipent de mystérieux "prismes" issus des travaux oniriques du professeur Baxter.
Pourquoi la graine tombe-t-elle justement par là ? Parce qu'avec leurs fichus travaux, Passelov & co finissent par "voir" Nemesis, et que si vous regardez l'étoile, l'étoile vous regarde. La "graine" est une manifestation de l'attention du monstre envers la Terre.
D'ailleurs, Baxter séjourne en Floride avec Colin vers 1902. Là, il se renseigne sur un astronome expulsé d'Espagne, un moine dévoyé, dom. José Marquez de Granada, qui avait lui aussi laissé des écrits astronomiques mentionnant Nemesis. Marquez, à bord du galion le Rosarion est parti à la recherche d'un météore (qu'il avait repéré... les étoiles vous regardent !) et qui est tombé dans l'océan. A moitié pour son propre intérêt, à moitié pour faire plaisir à son fils, Baxter finance des recherches qui n'aboutiront à rien avant 1907 et la découverte, via le père Jorge, de l'emplacement du Rosario (qui contient donc une autre "graine" - c'est peut-être l'effet des radiations qui a provoqué la perte du navire).
Via les rêves, le sorcier cannibale comprend que Baxter & co, en voulant étudier le phénomène, ne font que l'invoquer (sans doute est-il l'allié du Père Fantôme, un Picte serviteur d'Eibon). Agissant par magie, le sorcier tue Baxter, espérant qu'il n'est pas trop tard... Car Baxter et ses amis, ne comprenant pas le travail d'Eibon pour tenir le monstre à distance, provoquent la catastrophe qu'ils croient prévenir.
Et l'histoire commence.
Je compte bien sûr proposer à un des PJs d'être le fils/la fille russe de Baxter, qui débarque aux Etats-Unis pour rencontrer enfin son père et qui apprend sa mort alors qu'il/elle vient de poser le pied sur le sol américain.




09 mars 2017

Les mécanos de Vénus - Joe R. Lansdale

Au Texas, dans les années 90. Hap Collins est un ancien idéaliste des sixties, qui vit maintenant de petits boulots. Son meilleur pote Leonard Pine est un ancien du Vietnam, noir, homo, et élève des chiens derrière sa maison au bord de la rivière. Voilà que débarque Trudy, l'ex. de Hap, qui lui propose un plan compliqué où il s'agit de récupérer, pour la bonne cause, le butin d'un braquage au fond de la rivière, là-bas, dans les marécages. Hap embarque Leonard dans l'affaire... qui va bien sûr se révéler foireuse.
On aura donc des idéalistes qui ont vieilli, des baraques pourries, des vannes bien senties, des gangsters, des vannes marrantes, un paquet de pognon et des coups de feu (et des vannes). L'écriture (plutôt chouette) en plus, ce sera comme lire le compte-rendu d'une partie de Fiasco.
Derrière son scénario assez simple, le roman porte aussi toute une nostalgie des sixties, du temps qui passe et de la perte des idéaux. Pas un grand roman, mais on est content de passer un bon moment avec Hap et Leonard.

08 mars 2017

Concert Stravinsky, Gruber, Haydn à l'OCL

Weilerstein
Je ne chronique pas ici de concerts, principalement parce que nous en écoutons assez peu, mais aussi parce qu'il est difficile pour moi de parler de musique. 

Hier soir, nous sommes allés écouter l'orchestre de chambre de Lausanne, dirigé par Joshua Weilerstein. J'avais déjà eu l'occasion d'écouter un concerto pour piano de Schumann dirigé par le même et j'avais beaucoup aimé (la musique très étrange de Robert Schumann fait partie de nos plaisir secrets).
Weilerstein est un jeune chef d'orchestre, très expressif, amusant, qui parle au public et propose des œuvres intéressantes, s'efforçant notamment, à chaque concert, de faire jouer un compositeur vivant plutôt que de n'exécuter que des compositeurs morts.
L'OCL est un ensemble musical très sérieux et solide, avec un son et une qualité de jeu tout à fait remarquable. Tout était donc en place pour un bon concert, et nous n'avons pas été déçus.

Au programme : 
la suite Pulcinella, de Stravisnsky.
Avec Schumann, un de mes autres plaisirs secrets est de voir exécuter de la musique du début du XXème siècle, parce que les compositeurs de l'époque jouent souvent sur les ruptures et les surprises sonores et instrumentales (là, ça se voit que je n'y connais rien ?). Pulcinella est une reprise/variation/pastiche de sonates attribuées à Pergolesi, donc une sorte de reprise joyeuse et pleine de ruptures d'une forme de musique baroque. Ca paraît sophistiqué dit comme ça, mais c'est brillant, drôle et très stimulant à écouter. J'ai adoré.
Frankenstein !! de HK Gruber
Gruber est un compositeur/chansonnier autrichien contemporain. Cette pièce étrange, pendant laquelle le compositeur lui-même chante et dit de curieuses petites comptines enfantines, est pleine aussi de blagues, de reprises et de surprises. On y entend bien sûr l'orchestre classique, mais aussi des instruments jouets genre mélodica, des kazous, des sacs en papier... La musique balance entre le symphonique, le music-hall et les thèmes de la culture populaire (Superman, James Bond...). C'est à la fois caustique, grotesque, saugrenu et complexe, dans une ambiance de cabaret allemand des années 20 (l'accent de Gruber y invite un peu). Un peu déroutant pour moi, mais j'y ai pris du plaisir.

Gruber

La symphonie n°100, "militaire", de Joseph Haydn
Le retour à de la musique classique "classique" aurait pu être déroutant après les deux oeuvres précédentes. Mais, et c'est là toute la qualité de ce programme, la mise en relation de ce morceau avec les deux précédents montre combien Haydn a su aussi jouer sur les ruptures et la surprise (par les silences du 4ème mouvement ou la remarquable fin du 2ème mouvement, avec solo de trompette et percussions) pour secouer l'attention de l'auditeur qui croirait écouter une musique faussement facile. Mon seul regret ? Que cette symphonie n'ait pas été plus longue.

Les musiciens de l'OCL.


L'orchestre a offert en bonus quelques mesures d'une pièce de Bartók qui sera exécutée en juin. Ca donne envie !



07 mars 2017

Lord Peter et le Bellona club - Dorothy Sayers


Londres, 1928. Un club anglais, fréquenté par des anciens militaires. C'est le jour de l'armistice du 11 novembre, on bavarde dans les salons, la bibliothèque... On arbore une fleur à la boutonnière. Les anciens combattants sont tous là, mêlés aux habitués des lieux. Et soudain, dès la fin du premier chapitre, on découvre que le vieux général assis dans son fauteuil depuis ce matin, en train de lire son journal... est mort. Une question deviendra vite cruciale : quand est-il mort ?

J'ai beaucoup de plaisir à rendre compte de nos lectures de la série des enquêtes de Lord Peter, car chacun de ces romans a son propre intérêt littéraire. Dorothy Sayers ne déroule pas une recette, mais tente plutôt, à chaque aventure de son héros, d'explorer une facette de l'histoire de détective. Ici, on est dans le roman à énigmes "classique", qui joue explicitement avec les attentes et les déductions du lecteur. L'intrigue est très habile, joliment tournée, d'autant que Mrs Sayers nous propose ici un roman en deux parties distinctes, chacune ayant sa propre énigme, joli tour de force (les deux énigmes ayant chacune leur charme).
Une nouvelle fois, les personnages sont remarquablement campés. Et si Lord Peter est un héros gracieux et féérique, les autres se débattent dans une réalité socialement cruelle, qu'il s'agisse d'un médecin militaire ou d'anciens officiers vivotant de leurs pensions, d'un ancien combattant ravagé par le stress post traumatique (le portrait de ce couple où seule la femme travaille est très touchant, notamment par le portrait en creux de l'épouse), ou de jeunes femmes laides mais ne se voulant pas condamnées à la misère sexuelle.
Dorothy Sayers réussit remarquablement les dialogues (le roman en est presque uniquement constitué) et si le récit est amusant, le portrait social est comme toujours très bien vu.
Bref, on adore.

Note : Je mets ici la couverture anglais (même si nous l'avons lu en français) car le titre original, tout en understatement, est un délice.

28 février 2017

Flic maison – Dashiell Hammett

Après le grand sommeil, nous restons dans les classiques du roman noir. Les nouvelles de Hammett sont plus anciennes que le roman de Chandler (années 20 plutôt que fin des années 30), Hammett encore plus que Chandler est le créateur de la hard boiled school.
Cette sélection de sept nouvelles présentées dans un petit livre bien fait nous fera voyager entre histoires d'adultère, de chantage et de meurtres. Pas vraiment de détective récurrent, même si le narrateur est souvent un homme de l'agence Pinkerton (que Hammett connaissait bien pour y avoir travaillé quelques années). Les intrigues policières sont denses, bien tournées et remarquables pour des textes aussi courts (format nouvelles pour pulps).
Hammett est un narrateur remarquable qui excelle dans ces formes resserrées. Un des récits (celui qui se passe en Asie du sud-est) m'a même fait penser à Kipling qui est, rappelons-le, le meilleur raconter d'histoires au monde ! Bref, ce petit livre m'a fait apporté ce plaisir particulier qu'offrent les histoires courtes bien racontées, et la promesse d'en lire d'autres en découvrant plus avant l'oeuvre de Hammett. De la bonne came.
 

25 février 2017

Silence – Martin Scorsese

Le cadre de cette histoire est intéressant. En 1640, deux Jésuites sont envoyés au Japon pour retrouver leur mentor, dont on raconte qu’il a apostasié suite aux persécutions. On a donc deux jeunes hommes, armés de leur foi et de leur ordination, jetés sur les côtes d’un pays inconnu dont ils ne comprennent pas la langue, à la recherche de chrétiens « cachés », qui se retrouvent confrontés à la culture japonaise, et notamment aux ordonnances d’état visant à interdire le christianisme. 
 
Rodrigues et Kichijiro. Scène de la confession, première.
 
Cet aspect de rencontre avec l’inconnu est joliment rendu dans le film. Les paysages japonais sont très beaux, ceux d’une autre planète, et le film saisit très bien la fraicheur et la surprise du regard du héros au moment où celui-ci pose les yeux pour la première fois sur un décor urbain. Certains personnages sont aussi très bien, notamment « l’inquisiteur » Inoue, l’interprète un peu sadique, et surtout Kichijiro, dont l’ambiguïté, les retournements et l’adhésion presque comique au christianisme donnent sa seule touche d’humour à un film sinon plutôt pesant. 
 

Sinon, on a des scènes de martyre (pas trop complaisantes, c’est supportable), du blabla, du martyr, du blabla… Comme c’est beau, bien filmé et joué par de bons acteurs, l’affaire passe plutôt bien, je ne me suis pas ennuyé, mais je ne veux pas non plus qu’on croie que c’est une affaire très funky.
Ce qui est plus ennuyeux: historiquement, l’affaire me paraît bancale. L’histoire de l’implantation du christianisme au Japon est un épisode très intéressant. Les jésuites sont arrivés vers 1540, il y a eu une très forte implantation locale de l’église avec, notamment, de nombreuses communautés animées par des Japonais, avant un retournement complet des autorités au début du 17ème siècle qui ont banni le christianisme car elles y voyaient, outre un danger pour la cohésion sociale, un pied dans la porte des Espagnols et autres Européens et donc un danger pour le pays – elles n’avaient sans doute pas tort. 
 
Je ne sais pas comment s'appelle cet acteur, mais il est vraiment cool.
 
Les deux héros du film sont cohérents dans le récit du film, mais leur ignorance complète de la situation politique et de la culture japonaises ne sont pas très crédibles: il y avait des japanisants parmi les jésuites et de bons connaisseurs du pays (j’ai chez moi le poilant petit traité de Luís Fróis écrit à l’époque qui recense les différences culturelles entre le Japon et l’Europe). 
Le film projette sur ce contexte une religiosité très contemporaine et un peu bêbête et un discours lourd sur le silence de Dieu, et manque le coche de présenter en miroir deux étrangetés profondes:  le monde japonais et le christianisme. 
 
source : wikipedia. Un netsuke représentant le Christ.
 

23 février 2017

Mes médias d'actualité #2

Suite d'un article général sur ma consommation de médias d'actualité.

Médias en ligne - autres

Le monde.fr

Avec sa grosse rédaction et ses journalistes très pros, Le Monde reste une source sérieuse, mais je n'ai pas pu me convaincre de sortir 18 euros/mois pour aller au-delà de la version web gratuite. Je sais que je ne le lirai pas de manière assez régulière et approfondie et que le trop gros centrage du journal sur le monde franco-français, la personnalisation de la politique, les matchs de catch entre "personnalités du PS" et les articles sur le bac me tiennent un peu à distance. Je le consulte chaque matin pour voir si un évènement important ne m'a pas échappé, rien de plus.

Le temps.ch

J'ai été très amateur, il y a quelques années, du Temps, quotidien basé à Genève. Leur positionnement libéral, dans tous les sens du termes, était tout à fait assumé,  mais les dessins de Chapatte, le sérieux des analyses, la distance par rapport à la politique française et européenne, la couverture culturelle et scientifique, tout ça en faisait un journal intéressant à suivre. La situation s'est malheureusement dégradée: érosion du lectorat oblige, le quotidien romand de référence a fait un basculement marketing et pris un virage à droite prononcé. Ce qui est triste, c'est que je lis maintenant pour ses analyses (assez biaisées qui plus est) de la politique suisse.

Le monde diplomatique

J'ai de la sympathie pour le diplo, et j'adore leur tic de donner du "Monsieur" ou du "Madame" à tous les personnages politiques ("M. Trump", "M. Fillon", plutôt que "Trump"  ou "Fillon") mais au fond j'en trouve la lecture assommante. Je n'y arrive pas, désolé. Par contre, leur site héberge quelques blogs excellents, comme Régime d'opinion, le blog d'Alain Garrigou.

Blogs d'information

Je lis un paquet de blogs via mon agrégateur RSS. Les lister tous serait fastidieux. Leur intérêt principal est de pouvoir suivre un sujet précis traité par des gens qui savent de quoi ils parlent. Même en écartant les blogs culturels, ceux de lecteurs de SF, etc, il en reste un paquet, alors voici une sélection de ma blogroll.
Passeur de sciences : actualités scientifiques grand public, très chouette.
Sciences2 : actualités scientifiques, avec une attention plus soutenue sur les politiques scientifiques, le climat et le nucléaire.
Oil man : le pétrole, sa vie, son œuvre. Le blog de Matthieu Auzanneau a le mérite de mettre les questions énergétiques au centre.
Coulisses de Bruxelles : Jean Quatremer est souvent énervant, mais personne d'autre que lui ne m'aide à comprendre la politique telle qu'elle se joue dans les institutions communautaires.
Epris de justice : très beau blog sur la justice telle qu'on la rend. Je ne cite pas dans ma liste maître Eolas, parce que tout le monde le connaît et qu'il ne publie plus beaucoup.
La voie de l'épée : blog tenu par un officier militaire de réserve traitant tout autant de stratégie, d'histoire militaire et d'analyses sur ce que la France fait, ou pas, avec son armée.
Une heure de peine : chouette blog de sociologue.
(et il y en a plein d'autres)

Journaux papier

La conséquence de s'informer sur Internet est que je ne lis (presque) plus de journaux et magazines papier façon XXème siècle.

L'Histoire

Le seul magazine auquel je suis encore abonné. L'Histoire est un magazine genre sérieux qui vulgarise les résultats récents de la recherche historique. Les articles sont longs, solides, généralement bien illustrés. Je me suis toujours dit que je le lisais avec une forte perspective de rôliste et que, sous cet angle, c'est de l'évasion pure.

Le canard enchaîné

J'ai toujours été plus canard que Charlie, mais après des années de lecture chaque semaine j'ai fini par ne plus acheter le palmipède que de loin en loin. L'observation du marigot des magouilles et des vanités a cessé de me faire rire pour ne plus provoquer qu'un malaise écœurant.

Chaînes youtube

La couverture de l'actualité nécessitant certains moyens, ce n'est pas tellement compatible avec le format des chaînes youtube moyenne (=un trentenaire dans son salon).
J'ai toutefois du plaisir et de l'intérêt à écouter chaque semaine le Fil d'actu, malgré ses gimmicks. La tentative de recentrer l'actualité sur les sujets importants, hors du buzz, est tout à fait salutaire, même si, format et formation oblige, les analyses ne sont pas très profondes.

Radios

Autant je déteste la télévision, autant j'adore la radio. Et le podcast est une des plus belles inventions d'Internet. Je ne suis pas les journaux d'actu à la radio, mais j'écoute une poignée d'émissions qui me permettent de suivre l'actualité de leurs domaines. En vrac:
Le masque et la plume, pour l'actualité littéraire mainstream, copinage & co compris, pour entendre parler de ce qui se fait en théâtre et pour avoir de l'actu cinéma et parce qu'entendre des critiques débattre et se disputer me paraît être un des bonheurs d'être français.
Mauvais genres, parce qu'Angelier est un expert, une voix, et qu'on peut y entendre parler de trucs vraiment bizarres.
Concordance des temps, parce que j'aime l'Histoire et qu'on y entend des messieurs âgés qui se font des assauts de politesse. (quoi que, il y a peut être des femmes, invitées de temps en temps ?)
Une vie, une oeuvre, une heure de biographie d'une femme ou d'un homme célèbre. Certains des épisodes sont passionnants.
Ah, tiens, ces émissions ne viennent que de chez radio France. Pure curiosité, il se passe des choses intéressantes sur les radio privées ?