19 août 2019

La lettre volée – Edgar Poe

Relecture d'un classique, découvert vers l'âge de douze ans, je ne savais pas à l'époque que le traducteur était fameux. Je l'associe intérieurement aux disparus de Saint-Agil et aux histoires de Sans-Atout, toutes publiées chez Folio. Sans jamais l'avoir relu, je me souvenais très bien de l'endroit où se trouvait la lettre.
A la relecture de ces deux histoires traduites par Baudelaire, je trouve que si le type de récit est original (le récit de déduction), le style très lent, verbeux et pesant et les intrigues très très capillotractées, sans compter l'absence totale de charisme de Dupin, rendent ces textes tout à fait indigestes. Pourquoi faire lire cela à des enfants ?

18 août 2019

La fille de d'Artagnan -- Bertrand Tavernier

Philippe Noiret en d'Artagnan, Sophie Marceau, film français en costumes... Quand Cecci a proposé qu'on regarde ce film avec les filles, je n'ai pas été très enthousiaste. Je l'avais déjà vu et n'en gardais pas un grand souvenir.
Ce qui est bien la preuve de ma mémoire défectueuse.

Oui, Sophie Marceau fait la pimbêche (ce qui va très bien dans ce film). Mais ça a du rythme, un humour permanent, des vieux mousquetaires incohérents avec Dumas mais dans l'exact esprit des personnages (entre héroïsme fatigué et dérision), un cardinal Mazarin qui voit des complots partout et en invente quand il ne les voit plus (à raison). Claude Rich en méchant très méchant et presque attendrissant. Les combats à l'épée "à la française" sont très bien, les chevaux aussi, les décors très bien choisis. Et le jeune Louis XIV en garçon au visage rond, sérieux, porté sur les femmes, est vraiment formid.
Bref, un très bon film. Bien meilleur par exemple que certains des classiques avec Jean Marais (plus féministe, moins raide et ennuyeux) ou que les reprises américaines des mêmes thèmes.

Ha, l'édit de Nantes. Ne jamais le révoquer. J'ai oublié de le lui dire. Bah, tant pis.









17 août 2019

La loterie — Shirley Jackson

Ce recueil de nouvelles m'est arrivé précédé d'une jolie réputation : enthousiasme de Nébal, enthousiasme de la libraire qui, au moment où je soulevais le bouquin, m'a dit combien elle l'avait aimé. Et le fait qu'un des prix littéraires les plus fameux aux USA est le Shirley Jackson award.
La loterie est le premier conte de ce livre, mettant en scène une communauté rurale aux Etats-Unis se rassemblant pour une fête dont on ne comprend que tardivement la nature. L'histoire est si noire qu'elle poussa, à parution, une quantité d'abonnés du New Yorker à se désabonner. Et oui, c'est un récit remarquable.
Le recueil contient une série de courts récits, caustiques, noirs, jouant sur la paranoïa et l'angoisse. Pas vraiment fantastiques, mais jamais très loin. Ils sont efficaces, écrits au cordeau, sans jamais un mot de trop, le mieux qu'on puisse faire dans le domaine de la nouvelle pour magazine (très proches, dans leur registre, de ces récits de Roald Dahl, ou bien de certaines nouvelles de Bradbury, par exemple).
Si l'ensemble des récits est réussi, deux autres textes sortent du lot pour moi : celui de la jeune fugueuse qui reprend contact avec ses parents des années après, et la plus longue nouvelle, celle du couple de vacanciers qui décide de rester une semaine de plus au bord du lac, dont la construction et le niveau d'angoisse m'ont fait penser à certaines ambiances de Stephen King.
Maintenant, au risque de décevoir ma libraire, je n'ai au final pas tellement aimé ce livre. Les textes sont tous techniquement très réussis, mais je les trouve datés. Intéressants en tant que témoins de leur époque et d'un certain goût littéraire, mais plus du tout au goût du jour, ou du moins plus à mon goût.



16 août 2019

Scarface — Brian de Palma

Celui-là, c'est un énorme classique.
Dans ce film, on trouve : une esthétique 80s flashy au possible (chemises à grands rabats et Cadillac aux sièges léopard), Al Pacino dans son meilleur rôle, des montagnes de coke, un type qui se fait découper à tronçonneuse, Michelle Pfeiffer qui me fait penser à une étrange créature insectoïde, des truands malins et des truands pas malins, des mitraillages, de la violence, et un personnage de gangster tellement horrible et réussi, Tony Montana, qu'il est devenu une référence pour les gangsters eux-mêmes.




15 août 2019

Maigret et le fantôme – Simenon

Je n'avais jamais lu de Maigret. Cecci, qui y cherchait des idées d'intrigues policières, avait attrapé celui-ci et n'avait pas été convaincue, notamment par tout ce qui touchait aux femmes, et par le côté bon bourgeois du personnage. Rien de tout ça n'est faux, mais j'ai aimé quand même.
Ma France des années 50, jusque maintenant, c'était plutôt les histoires de Nestor Burma (dont je reste un grand amateur). Passer du côté de Maigret, c'est passer du côté des flics et du parti de l'ordre. Maigret est un lent, un calme, une bête de labour. L'histoire se passe dans le Paris des concierges, des bières fraiches servies dans des brasseries, un monde où une jeune femme vivant par elle-même attire encore l'attention. Comme le murmure d'un monde que je n'ai qu'un tout petit peu connu, et qui me rappelle tendrement mon grand-père.
Dans cette histoire, un flic malchanceux se fait tirer dessus et un collectionneur de tableaux néerlandais aux moeurs assez libre fait le malin avec le commissaire Maigret. L'intrigue est assez intéressante, mais plus que tout j'ai aimé l'ambiance et le style de Simenon. J'en lirai d'autres, si l'occasion se présente.

14 août 2019

L'énigme des blancs-manteaux – J.B. Parot

Un jour, peut-être, je ferai jouer des scénarios sous l'ancien régime. Paris, 18ème siècle, des meurtres mystérieux, des intrigues, des bagarres, des bas-fonds jusqu'à la cour... Pourquoi ne pas lire les enquêtes de Nicolas Le Floch pour se documenter ?
Pour être honnête, ça se lit vite, c'est écrit honnêtement, l'univers et l'intrigue sont stimulants. Ce livre est un excellent sourcebook de jeu, contenant plein de détails qui font vrai pour pouvoir faire s'agiter des personnages dans ce petit monde si proche et si lointain, où on laisse de la viande à pourrir dans la cave pour qu'elle ait plus de goût, où on clopine dans des rues boueuses, où le préfet de police collectionne les perruques.
L'intrigue marche assez bien (et est sans doute jouable). 
Littérairement, on voit la doc apparaître à chaque coin de page. Les personnages sont tracés au tranchet, c'est un peu macho et un peu dégueu, pour le frisson. Rien de déshonorant, mais on est loin de l'inventivité langagière de Robert Merle dans les Fortune de France, il me semble (à relire un jour – j'ai lu ça avant le temps d'Internet, je peux avoir oublié).

13 août 2019

Harry Potter et la coupe de feu #2 – J.K. Rowling

Après un premier article où je faisais part de mes doutes éditoriaux sur ce roman de fantasy, je suis venu à bout du bouquin, après avoir abandonné l'exaspérante version audio avec Bernard Giraudeau,  que je trouve en fait vraiment très mauvaise. Ce quatrième épisode marque donc un tournant : le roman enfle et les enjeux aussi. Harry grandit et les méchants deviennent de plus en plus méchants, on quitte l'histoire enfantine puisqu'un personnage sympathique meurt.
La fin souffre comme celle des autres romans du syndrome de Scoubidou (mais c'est le directeur du parc d'attraction !), quand les masques tombent et que les gentils s'avèrent être des méchants et certains méchants des gentils.
J'ai eu toutefois l'impression de voir le train passer depuis le quai : toute cette agitation était amusante, mais réellement intéressante. Le petit monde des sorciers, trop incohérent et tournant trop sur lui-même, ne m'intéresse plus.

12 août 2019

Matrimonio all'italiana – Vittorio De Sica

Ce film est la version cinématographique de la pièce de théâtre Filumena Marturano, que vous avions vue du temps que ce blog était jeune.
Don Domenico est une bourgeois napolitain (et il est joué par Marcello Mastroianni), Filumena (Sophia Loren !) est une ancienne prostituée que Don Domi établit comme sa maîtresse sans jamais l'épouser (les convenances...). Comment, après vingt ans de ce régime, Filumena va s'arranger pour se faire épouser, c'est le sujet de l'histoire.
Ce film est une comédie avec des moments tristes, ou un drame social parfois très rigolo. On traverse vingt ans d'histoire de Naples. Les personnages braillent et crient et s'engueulent à qui mieux mieux. Mastroianni parle avec les mains, Sophia Loren jette des regards terribles sont ses longs cils. Elle est belle à se damner, don Domi est macho et stupide (mais on l'aime quand même et on comprend qu'elle l'aime). Et l'ensemble du film est formidable.

On note que c'est le même couple d'acteurs que dans une journée particulière. Les voir dans deux registres si différents, sans que jamais un film en rappelle l'autre, montre l'étendue de leur talent.




 

11 août 2019

La disparue de Collinton Park – Minette Walters

Voici un roman récupéré dans une boîte à livres, qui a traîné deux ans dans ma pile à lire, que j'ai failli donner plus loin en avril dernier... avant de relire le texte du quatrième de couverture :
Brillant anthropologue spécialiste des erreurs judiciaires, Jonathan Hughes est confronté à une affaire complexe : il y a plus de trente ans, dans la petite ville de Bournemouth, dans le Dorset, un jeune marginal a été accusé du meurtre de sa grand-mère.
Incapable de prouver son innocence, le pauvre garçon a fini par se pendre dans sa cellule.
Épaulé par la conseillère municipale qui attire son attention sur cette affaire...
Or, full disclosure, il s'avère que les hasards de la vie m'ont amené à passer trois mois à Bournemouth au début de cette année et à m'intéresser aux particularités de l'histoire locale (c'est par exemple dans cette station balnéaire endormie et ennuyeuse qu'est mort JRR Tolkien, qui venait chaque année y passer ses vacances - aucun rapport avec le roman). Ca m'a donné envie de reprendre le livre.

La disparue... est un roman policier dont l'enquête est menée par des non-policiers, par curiosité, appât du gain (l'anthropologue veut, au début, en faire un bouquin) et sens de la justice. Les personnages en sont remarquablement bien écrits, très vivants, Jonathan l'immigré-qui-a-réussi et qui a peur dans l'Angleterre post-attentats à cause de son teint basané, et George, la conseillère municipale dépressive, engagée, drôle et mal dans sa peau. La manière dont les relations entre ces deux là s'établissent (sur de très mauvaises bases) est une très bonne scène d'introduction. L'enquête menée trente ans après les faits, le portrait social de la ville, de la police, les relations de familles tordues mises en avant... tout cela est très bien fait et on a là un roman assez remarquable, qui ne prétend pas être plus qu'il n'est, mais qui remplit très bien son contrat. Roman policier, roman social, de caractères. Plutôt pas mal.
Et si Minette Walters a écrit d'autres romans se passant dans le sud de l'Angleterre, je serai curieux de les lire.

10 août 2019

Les mille et une nuits - John Rawlins

Je ne sais pas ce que nous imaginions voir en empruntant ce film. Sans doute une sorte de Jason et les Argonautes avec des effets spéciaux de Harryhausen. Et bien ce n'est pas le cas.
Les mille et une nuits est un péplum oriental, sans magie ni rien, tourné dans les année 40 pour distraire les soldats. Il y a une danseuse "sexy", un calife en exil viril et un jeune acrobate indien pour la couleur locale. C'est du carton pâte tout le temps, la musique est très mauvaise et l'histoire tellement irrégulière qu'elle en devient drôle, malgré quelques idées amusantes. Ce film nous a permis d'expliquer aux enfants ce que c'était que le cinéma de distraction hollywoodien. On a ri, on s'est amusés en famille, mais vous pouvez ne pas le regarder, ça n'en vaut pas la peine, même si le technicolor en envoie plein les yeux.






 

09 août 2019

Avril et le monde truqué – Franck Ekinci et Christian Desmares

Dans une uchronie bizarroïde, le monde fonctionne au charbon de bois (et les forêts sont rasées), Napoléon III est toujours empereur (à moins que ce ne soit son fils, j'ai oublié) et les parents d'Avril, une jeune fille débrouillarde dotée d'un chat qui parle – pour une bonne raison, ont disparu.
Ce film d'animation français est très réussi. Design par Tardi, côté Adèle Blanc Sec plutôt que 1ère guerre mondiale, une histoire foldingue bien écrite et un chat qui parle sans donner envie de le flinguer.  C'est foufou, c'est drôle, le récit s'étend de 1870 à 1969, il y a des hommes-lézards et une maison qui marche qui fait clairement référence au méta-bunker de l'Incal, que demande le peuple ?
Celui-là aussi, les enfants l'ont aimé. On n'est pas chez Miyazaki ni chez Ghibli, mais ça reste de la bonne came.






08 août 2019

Captain Fantastic – Matt Ross

Un papa élève ses six enfants dans la forêt, leur donnant une éducation physique et intellectuelle de premier ordre. Mais voilà que le décès de la maman les force à retourner dans le monde des hommes.
Je ne sais pas si Captain Fantastic est un très bon film, mais si vous avez des enfants il vous posera des questions sur ce qu'on leur apprend et comment et pourquoi. Les acteurs sont très bien (Viggo Mortensen avec cette barbe !), le regard posé par ces étrangers au monde sur l'Amérique est très cruel et certaines scènes sont très drôles (notamment celle où le flic croit faire face à des fondamentalistes chrétiens). Le garçon en moi qui écoutait Guns and Roses à 17 ans a aimé la scène finale et la reprise de Sweet Child o'Mine.
Nous l'avons regardé avec les enfants qui ont bien aimé. 

 

07 août 2019

Some like it hot – Billy Wilder

On ne va pas présenter ici ce super-duper classique du cinéma en noir et blanc. Jack Lemmon et Tony Curtis déguisés en femme, Marilyn Monroe jouant du ukulele, un hôtel en Floride, une plage, un yacht, un milliardaire zinzin qui danse le tango, une scène de fête alcoolisée dans les couchettes d'un train, un orchestre féminin de jazz pas très sage. Bref, personne n'est parfait.
On l'a montré aux enfants (10 et 11 ans) et ça ne passe pas du tout, même si elles ont suivi l'histoire. Les blagues vont trop vite, il faut trop souvent s'arrêter pour expliquer et surtout l'humour repose quasiment tout le temps sur des sous-entendus sexuels de tous azimuts. Pas grave, elles comprendront plus tard.
Et j'avais oublié que le personnage de Marilyn était si touchant (et Marilyn une si grande actrice de comédie).

 

06 août 2019

Nouvelles -- J.D. Salinger

J’avais demandé à l’ami LH quel était le meilleur recueil de nouvelles du monde (selon moi, Fictions, de Borges). Il ma répondu Nouvelles de Salinger.

On a ici neuf récits, tous mettant en scène des personnages américains (surtout de la classe moyenne) dans les années quarante et cinquante.

Un jeune couple en vacances en Floride. L’homme est allongé sur la plage, bavarde avec un enfant qui veut jouer avec lui pendant que sa femme, au téléphone, explique à sa mère que non, son mari n’est pas fou.
Une maison isolée à la campagne. Une femme rend visite à une copine d’université, elles boivent bien trop et parlent de leurs vies, de leurs mariages, des enfants.
Un enfant à l’intellect étrange (autiste, sans doute) insupporte ses parents lors d’une traversée en paquebot.
Des soldats, en Allemagne à la fin de la guerre, traumatisés par ce qu’ils ont vécu.
Un homme au lit avec sa maîtresse; le téléphone sonne, un vieux copain, ivre, cherche sa femme.
Deux jeunes femmes se disputent dans un taxi, l’une monte chez l’autre récupérer un peu d’argent et croise le frère de l’autre.
Un enfant se souvient des histoires que racontait l’animateur qui les emmenait faire du sport tous les après-midis, lui et ses copains du quartier.
Les domestiques de la maison parlent de l’enfant fugueur de leurs patrons.
Un soldat rencontre une jeune femme dans un salon de thé en Angleterre, durant la guerre.

Chacune de ces histoires est excellente. Dans chacune d’elle, Salinger nous donne un aperçu sur un petit morceau de vie d’un ou plusieurs personnages et le texte, toujours court et d’accès facile, nous laisse deviner tout le reste de la vie de ces gens, leur histoire, leurs fêlures (parfois mortelles). Ces textes me font pensé à ces feuilles de thé séchées sous la forme de petites boules qui, une fois dans l’eau chaude, se déploient toutes entières et reconstituent la figure végétale. Neuf nouvelles, neuf expériences, neuf vies. Un très grand recueil.

05 août 2019

Les neuf tailleurs – Dorothy Sayers

Le dernier des romans de Lord Peter que nous n’avions pas lu. Edition des années 1970, introuvable chez les bouquinistes, sinon pour fort cher. J’ai fini par la payer 1 euro sur le bon coin, avec une poignée d’autres romans policiers.
Lord Peter a un accident de voiture qui l’arrête le soir du jour de l'an dans une petite ville anglaise. Accueilli par le pasteur et sa femme, Lord Peter se joint à la bande de carillonneurs (compensant le défaut d’un membre malade de l’association) qui, ce soir, décide de battre un record en sonnant toute la nuit les fameuses cloches de l’église.
Les neuf tailleurs, ce sont ces fameuses cloches (pourquoi les appelle-t-on ainsi ? Ce n’est pas clair). Le mystère commence quelques mois plus tard quand, dans une tombe fraichement creusée, on trouve un cadavre qui ne devrait pas y être. Lord Peter va revenir dans le coin, y passer quelques jours et faire émerger une histoire de vol de bijoux ayant eu lieu vingt ans auparavant. L’histoire est complexe, les personnages touchants et la méthode de mise à mort assez étonnante (je ne sais pas si elle marche).
Ce n’est pas notre Lord Peter préféré, même s’il est bien. On y retrouve le Lord Anglais à l’esprit léger, l’excellent Bunter, et tout ce petit monde des romans de Sayers: un sympathique pasteur de campagne, une jeune orpheline de la bonne société, quelques soldats, paysans, artisans…
La fin du roman est centrée sur une catastrophe naturelle qui met en perspective toute l’agitation policière et lui donne une belle profondeur. 
 
Maintenant, tristesse, nous n'avons plus d'histoires de Lord Peter à lire.  On pourra retrouver toutes les chroniques publiées de ces histoires ici.

24 vues du Mont Fuji – Roger Zelazny

Une femme accomplit, seule, une excursion au Japon, suivant comme un guide un livre d’estampes d’Hokusai. Elle tente de retrouver les points de vue depuis lesquels le grand maître japonais a regardé le mont Fuji.
Chaque chapitre de ce petit livre est associé à une des images (qu’on aura plaisir à aller trouver sur Internet pour accompagner la lecture). Ce qu’on comprend au fur et à mesure, c’est que cette femme est une sorte de super-agent combattant et que ce chemin faussement aléatoire est là pour fausser la surveillance de son pire ennemi et ex amant, qui a eu la mauvaise idée de fricoter un peu trop avec des mondes numériques.

Ce petit livre est attachant et un peu mal fichu. Attachant parce qu’on y retrouve la voix toute particulière de Zelazny. Parce que cette dernière porte bien l’aspect contemplatif de cette marche, relation entre le monde, le paysage, l’art, les souvenirs, les histoires qu’on se fait. C’est agréable à lire et assez doux. Certaines scènes purement SF (apparition des monstres numériques) ou certains sentiments paranoïaques sont bien posés. Mal fichu parce que l’aspect purement SF (la conscience dans la machine) est un peu raté et traité sans grand sérieux. Peut-être que, concernant ce point, le livre accuse son âge. Ce n’est pas bien grave.

Mon hypothèse toute personnelle : Roger Z est allé faire une excursion au Japon, sur les pas d’Hokusai peut-être. Il a trouvé ça génial, il a pris des photos, mais il a surtout imaginé des morceaux d’histoire, des personnages. En route, à son retour, il a écrit ce récit comme une sorte de journal de voyage rêvé.
A sa place, c’est ce que j’aurais fait, si j’en avais été capable. 
 
 

04 août 2019

Die Hard – John Mc Tiernan



Après avoir écouté la très chouette émission blockbusters sur France Inter que quelqu'un conseillait sur Twitter (mais je ne sais plus qui), j'ai eu envie de revoir Die Hard.
Donc, Bruce Willis pieds nus et en marcel, avec des cheveux. Une affaire de couple qui tourne mal, un building en construction, des terroristes dirigés par Hans (premier rôle au cinéma d'Alan Rickman. J'adore Alan Rickman.), courses-poursuites, jeu de cache cache mortel, punchlines et humour à deux balles (yeepeekai, motherfucker), en fait ce film est  très bien. Ca fait vingt ans qu'Alex dit que Mc Tiernan est un grand réalisateur, ce n'est que maintenant que je le crois. Die Hard est très bien écrit, bien filmé, inventif et drôle. Un des points forts, souligné dans le podcast, est que l'action est toujours très claire. Le film joue d'une certaine 3D (courses-poursuites dans un immeuble plein d'étages) et on sait toujours où est qui par rapport à qui, quand on a besoin de le savoir. Si un jour je dois montrer un film d'action (bang ! bang !) aux filles, ce sera celui-là. OK, le film ne passe pas le test de Bechdel, mais la femme n'est pas une cruche.










Quand je serai grand, je serai méchant de film et je serai Alan Rickman










31 juillet 2019

L'assassin habite au 21 – Henri Georges Clouzot

Je n'avais jamais vu de film de Clouzot, ni de film français de cette époque (tourné en 1942, quand même). Film policier, sorte de whodunnit caustique et humoristique, avec un peu de suspense, l'ensemble est très amusant. Les acteurs ont un bel abattage dans la réplique qui tue ou les yeux qui roulent. J'avoue avoir beaucoup aimé Suzy Delair qui joue la bonne amie du héros dont la sympathie et l'énergie emportent un rôle un peu cruchon.






22 juin 2019

The Handmaid's tale – Margaret Atwood

Je voulais lire ce néo-classique depuis un moment. Le propos en est assez bien connu : dans un futur proche, la société des USA est emportée par une révolution néo-conservatrice (sur fond de la chute de la natalité), qui abolit la plupart des institutions et remet les femmes sous la coupe des hommes (plus le droit de travailler, ni de détenir de l'argent...). Les femmes fertiles étant "assignées" aux hommes de qualité qui, sans plaisir et dans des "Cérémonies" où l'épouse légitime est impliquée, doivent les féconder. Et si après deux trois séjours de quelques années chez ces commandeurs elles n'ont pas enfanté, ou bien n'ont enfanté que des monstres, on les envoie dans les colonies.
C'est un drôle de roman, qui dégage la même impression d'étouffement sans espoir que m'avait donné, en son temps, le 1984 d'Orwell. L'univers ne m'en semble pas vraiment cohérent ni logique, ou bien on aimerait en savoir plus, sur les Marthas, les econowives, etc. Il prend sa force si on le lit comme l'expression organisée d'un cauchemar. Et en fait, ça n'a pas réellement d'importance, parce que tout passe et tout tient par le point de vue de la narratrice anonyme, une bourgeoise blanche éduquée, qui a connu le temps d'avant et lit sa nouvelle situation à la lumière de ses souvenirs qui s'effacent. A travers les sujets abordés (l'enfantement, la sororité, la fragilité des droits féminins), le livre est une sorte de portrait d'une certaine situation féminine dans les années 1980 (période d'écriture du roman). 
J'ai aimé la finesse des sentiments abordés, l'attention aux corps, aux regards, la description des mécanismes de domination et de la manière dont chacun finit par se coucher devant ce qui paraît inévitable.
La toute fin du roman, le chapitre additionnel, est très curieux, ajoutant une touche d'humour et de distance moqueuse à un roman par ailleurs horriblement sérieux. 
Au fond, je n'ai pas vraiment aimé ce livre, même si j'en reconnais la qualité et la finesse d'écriture. Est-ce que parce que ses idées sont maintenant dans le discours public ? Est-ce à cause de cette ambiance hyper-oppressante ? Ou bien du côté conte philosophique du récit ? (le chapitre final, un peu trop malin, contribue à ce sentiment). 
Je suis curieux de lire d'autres avis à son sujet.

11 juin 2019

Entends la nuit – Catherine Dufour

Myriame rentre d’Amsterdam à Paris, emménage chez sa mère qui n’a pas le sou et embauche à la Z, une société de services de data mining spécialisée dans l’immobilier (groovy!) installée dans un bel immeuble haussmannien à Paris. La jeune femme a du tempérament, mais elle a besoin d’argent alors elle s’adapte aux coutumes de la boîte, à son middle management intrusif, à ses actionnaires arrogants, à son app interne de flicage, aux locaux bizarres et biscornus. Je n’ose pas dire que l’entreprise est étrange parce que, après tout, elle n’est pas plus étrange que beaucoup d’autres. C’est notre monde qui est étrange.
Puis notre héroïne est séduite par un des riches actionnaires anglais de la Z., qui a un comportement (et des capacités ?) réellement bizarres, et le roman glisse peu à peu dans le fantastique.
On retrouve dans le texte l’humour vache et les punchlines qui font la signature de Catherine Dufour, dans un texte qui n’est pas si loin des romans non-discworld du grand Terry Pratchett, humour français et féministe en plus. Ça vanne, c’est souvent très marrant. Le propos du roman est intéressant, avec des êtres fantastiques jamais vus (par moi en tous cas), des fantasmes XIXème siècle (cannes-épées et souterrains de l’Opéra inclus), une manière d’interroger nos relations à l’immobilier et aux pierres (si, si) et un discours de lutte des classes bien envoyé notamment après le twist final qui montre ce que pourrait donner la fin d'un 50 nuances socialement réaliste. On n’aurait pas pu écrire ce texte il y a dix ans, pas de cette façon : l’époque s'y trouve, avec les diplômés précaires et les féministes conscientes et assumées.
L’esthétique du récit me touche aussi, qui révèle la passion de l'autrice pour le XIXème siècle pas-steampunk, avec ses cadavres photographiés, ses tenus étouffantes et sa prostitution hygiénique. Tout ça joue joliment avec un de mes fantasmes favoris, la visite dans notre époque d’un être d’un autre temps.
J’ai beaucoup aimé le style, l’intention, le coup de gueule final et le premier tiers, chronique d’une vie du bureau si bizarre et si commune. Pour le reste, malheureusement, la narration est bancale et le récit filandreux, une forme de romance bit-lit (pour ce que j’en connais) qui n’était pas pour moi. 

15 mai 2019

Jaws – Steven Spielberg

Celui-là, nous l'avons regardé à deux avec Marguerite, dix ans et demi. Elle avait beaucoup aimé Jurassic Park et n'avait pas peur de regarder un film qui fait peur.
Alors elle a découvert les plages d'Amity, le chef Brody, le maire qui veut garder les plages ouvertes, la musique qui prévient quand quelque chose de terrible va se passer et le monstre qu'on ne voit réellement qu'au bout d'une heure de film. J'avais oublié combien les acteurs étaient bons, notamment Robert Shaw (dont Marguerite a dé-tes-té le personnage), mais je me rappelais combien c'était bien filmé, par ce jeune réalisateur, là, Steven truc. Ce n'est pas le film préféré de Marguerite, mais elle a bien aimé, même si Jurassic Park fait plus peur.



Une remarque en passant, parce que c'est un détail auquel Marguerite est sensible (sans que ça lui gâche le plaisir) : le film ne passe pas le test de Bechdel, mais alors pas du tout. 

Autre point : on a lu que la scène d'intro de Quint (le pêcheur de requins déplaisant) aurait dû être dans un cinéma, en train de regarder le Moby Dick de John Huston, en rigolant (selon une version du scénario). Qu'une autre scène d'intro, filmée mais coupée, montre Quint en train de casser les pieds d'un gamin dans un magasin de musique. Et que finalement il apparaît, dans la salle de classe, faisant crisser un tableau noir. D'un point de vue scénaristique, ça montre l'importance de la manière dont on amène un personnage nouveau dans une histoire, et l'attention que Spielberg a porté à cet élément.



13 mai 2019

Le Christ s'est arrêté à Eboli – Carlo Levi


Il y a une quinzaine d’années, avec Cecci, nous avons suivi des cours d’italien à l'istituto italiano di cultura, à Paris. Lors d’un de ses cours, Sergio, le professeur, nous a fait lire un bref passage d’un texte littéraire décrivant une maison paysanne et les berceaux accrochés au plafond. Il a tenté de nous communiquer son enthousiasme pour Cristo si è fermato a Eboli, de Carlo Levi, et nous nous sommes dit que ça avait l’air bien, sans comprendre grand-chose à ce qu’il nous expliquait.
Puis nous avons recroisé ce roman au moment où nous jouions des histoires italiennes situées à la période fasciste, et avons eu envie de le lire. On a eu bien raison !

Carlo Levi, donc. Intellectuel bourgeois, aisé, médecin dilettante, artiste, opposant politique au fascisme et confinato : c’est à dire envoyé en exil loin de Turin, à l’autre bout de l’Italie, à Aliano, en Lucanie (Basilicate), dans un coin horriblement isolé et pauvre. 
Levi, qui n’était pas de ce monde-là, a vécu quelques années dans ces pays abandonnés de tous, que les gouvernements successifs, sans doute depuis le temps des Romains, oppriment, exploitent, sans jamais les aider.
La confrontation avec un pays étranger, pauvre et sans paroles ni écrits, est être un classique pour les écrivains, de quoi écrire des paroles fortes et authentiques, avec du vrai pour pas cher. La littérature française contemporaine regorge de ce genre de bouquins, et le livre de Carlo Levi en est un. Mais celui-ci est un chef d’oeuvre.

Le Christ… est à la fois un récit chronologique et une série de récits sur Aliano et sa région. On y parle de la culture horriblement difficile de la terre, des enfants malades du paludisme (visions d'horreur), des Italiens émigrés aux Etats-Unis (et revenus avec la crise économique), des brigands légendaires, des rassemblements fascistes à la spontanéité forcée sur la place du village, des vivants, des morts, de la sorcellerie, des êtres magiques, des animaux (chiens, chèvres, mouches, moustiques…), du sexe, de l’extraordinaire prêche de Noël de Don Traiella dans son église habituellement vide. Tout prend vie, comme un monde fantastique, imaginaire, d’une terrible cruauté, plein de visions d’horreur et de surprenantes merveilles. La Lucanie prend sa place dans le grand flux du temps, le fascisme n’est qu’une oppression de plus, elle finira un jour.
Levi est présent dans le livre sans l’envahir, chaleureux mais distant, médecin qui n’a pas envie de soigner, témoin pensif, très bon romancier.

Ce village fantastique, horrible et dur, m’a fait penser à un prélude aux Saisons. Est-ce que Maurice Pons a lu Carlo Levi ?

Ce roman nous a enchanté, il multiplie les scènes puissantes et enchanteresses, très fortes, très bien écrites. La procession de Noël, la grotte avec ses êtres surnaturels, la présence du chien Barone, les chansons lancinantes des enfants, les cavalcades dans la nuit pour aller soigner des malades pour qui on ne peut plus rien faire… 
Un roman merveilleux.


11 mai 2019

Je suis Providence – S.T. Joshi

Comme tout lecteur amateur de l’oeuvre de HP Lovecraft et curieux des publications dans le domaine, j’ai entendu parler de la biographie de référence écrite par S.T. Joshi, Je suis Providence. La récente traduction en français via un crowdfunding, belle initiative, m’a permis de m’y lancer.
A vrai dire, je l’ai d’abord achetée sans avoir d’intention de la lire, essentiellement pour le plaisir de posséder un ouvrage de référence. Puis je l’ai feuilletée, ai parcouru les premiers chapitres et ai fini par la lire en entier, à ma grande surprise.
Cette bio est un monstre et le témoignage d’une obsession, fascinante à sa manière. S.T. Joshi a étudié la vie et l’oeuvre de Lovecraft de manière austère et exhaustive. Il en a tiré ce gros bouquin qui se veut  une forme de somme définitive. Le livre explore la vie personnelle et familiale (notamment son mariage) de H.P. Lovecraft. Il s’intéresse à tous ses écrits, en commençant par ses récits enfantins, ses publications amateur à l’âge de dix ans autour des mythes grecs, ses journaux d’astronomie ou de chimie (matières qui le passionnaient), ses essais historiques, ses récits de voyage, sa poésie, et bien sûr sa fiction fantastique. On découvrira dans le livre le milieu du journalisme amateur, ses conflits associatifs, ses disputes, ses admirations mutuelles, dans lequel Lovecraft était très investi. Tout comme dans un certain milieu de ce qui ne s’appelait pas encore le « fandom », autour de la littérature fantastique. On explorera aussi les idées politiques de Lovecraft, passé du conservatisme figé à une forme de socialisme fasciste (sic), son athéisme, son rationalisme, ses conceptions économiques, et bien sûr son horrible racisme.
Le livre a une écriture sèche, rationnelle, basée sur des faits, correspondant bien à son sujet. La vie de Lovecraft est plutôt bien connue puisque nous possédons une part importante de sa monstrueuse correspondance dans laquelle le « Grand-Papa Theobald », comme il se surnommait parfois lui-même, évoque ses sujets fétiches, chronique ses déplacements, ses rencontres, construit des projets, rêve…

Lovecraft m’est apparu comme un drôle de type, un « aristocrate » en décadence sociale, issu du meilleur milieu yankee de la petite ville conservatrice de Providence, qui se voyait comme un « gentleman du XVIIIème siècle », avec ses valeurs guindées, anglaises, façonné par une très forte influence familiale. Mais surtout Lovecraft était un inadapté complet à son époque, en tous cas à la société capitaliste et travailleuse des Etats-Unis du début du XXème siècle. Il aimait lire, écrire, se passionnait pour toutes sortes de sujets et prenait un temps fou à écrire des courriers et des essais destinés à des cercles minuscules. Le portrait est en fait assez familier : s’il avait vécu de nos jours, on l’aurait qualifié de geek ou de nerd, passant son temps à causer avec ses nombreux amis d’Internet à qui il est allé rendre des visites IRL dès qu’il a pu. Il apparaît aussi avoir été un excellent ami, généreux de son temps et de ses efforts (de son argent s’il avait pu…), ne laissant jamais une lettre sans réponse parce que cela aurait manqué de savoir vivre. 
Son œuvre est à la fois importante et anecdotique. Il a écrit assez peu, en définitive, même si ce qu’il a fait a été en général très bien fait. Il écrivait pour lui, selon ses valeurs, sans chercher à plaire aux éditeurs ni aux lecteurs, prenant ce travail au sérieux mais s’en moquant souvent.
Il a vécu sobrement, mangeant peu et mal, s’intéressant peu aux femmes mais les traitant comme des égales. Un type un peu bizarre, mais gentil, et doué à sa façon. Je remercie cet autre geek obsessionnel qu’est S.T. Joshi de me l’avoir fait découvrir et mieux connaître.

Les écrivains qu’on pratique beaucoup deviennent des proches, des familiers, et occupent une place particulière dans notre cœur. On tisse avec eux des liens humains, à travers le temps et l’espace. On les retrouve dans leur œuvre, en relisant leurs histoires, comme on discute avec de vieux copains.

Je suis Providence est un bon livre, qui, tout en gardant intact l’émerveillement que son œuvre me procure, m’a permis de passer un peu plus de temps avec Lovecraft, un homme que j’aime bien, malgré ses défauts.
Peut-être qu'en ce moment, j'aimerais un peu vivre comme il a vécu : écrire du courrier, voyager un peu, lire beaucoup, être un bon ami et, de temps en temps, comme une distraction personnelle et un peu secrète, essayer d'écrire une bonne histoire.


[Edit] Une excellente lecture du même livre chez l'ami Nebal. @Nebal : je t'aurais bien vu dans les années 1930 faisant partie du cercle de correspondants du Grand Papa Theobald.

08 mai 2019

The Wild Bunch – Sam Peckinpah

Ce film a été vu dans le cadre d’un cycle domestique informel « faisons-nous une culture western ».
Ca commence par une bande de braves soldats qui arrivent en ville. Ils sont virils et bien rasés. La ville est calme et tranquille. Des sales types les attendent sur le toit, en embuscade.
Puis les soldats entrent dans la banque et… ces braves types sont en fait des bandits ! Et les sales types des chasseurs de primes ! Et après ça, ça défourraile à tout-va pendant quinze minutes, on ne sait pas qui sont les gentils ni les méchants, des innocents meurent, le combat est super sale et même un gentil spectateur blasé comme moi commence à se sentir un peu mal devant tant de sang et de violence. 

Suit un film étonnant, une course-poursuite entre des bandits durs en affaire et des chasseurs de primes pas meilleurs qu’eux. L’écoeurement passe, on en vient à s’attacher à ces humains pas recommandables, aux paysages qui traversent, aux enfants et aux femmes qui les observent. Peckinpah film les visages, les silences, les suspensions, entre deux explosions de violence. Ça se terminera mal, certains essaieront de bien faire et mourront, d’autres se planqueront et s’en tireront. Les scènes d’action sont longues et produisent parfois de très belles images, d’un spectaculaire parfois dantesque. 

Un films d’Hommes (avec des grosses voix, des dents gâtées et des odeurs de slips sales) mais qui s’attarde à montrer les femmes et les enfants voyant défiler (et devenant victime de) toutes ces violences. Les acteurs sont formidables (et pas glamour), les personnages excellents.

Un drôle d’alcool à boire. Une fois les premiers goûts passés, j’ai aimé.


Ici, une intéressante chronique de Roger Ebert qui a vu le film à sa sortie.