14 octobre 2019

Le fabuleux destin d'Amélie Poulain - Jean-Pierre Jeunet

On a regardé avec les enfants ce film-bonbon, pas revu depuis sa sortie. Elles l'ont suivi avec plaisir, ont trouvé l'histoire intéressante et amusante et ont même eu peur qu'il arrive malheur au nain de jardin. 
J'avais oublié la variété du casting et la qualité des seconds rôles (un des charmes du cinéma français traditionnel). L'univers graphique est vraiment très beau, avec sa construction d'une ville de Paris fantasmée. On a du expliquer les photomatons, les pièces de cinq francs et les cabines téléphoniques.



08 octobre 2019

Knie 2019 - Le centenaire

Le "cirque national suisse" Knie (mais au fait, qui lui a décerné ce titre ?) fête ses cent ans en fanfare avec un très beau spectacle que nous sommes allés voir dans un chapiteau plein.
Commençons par évacuer ce qui ne nous a pas plu : les laborieux sketches de Kucholl et Veillon, humoristes de l'étape pour la partie romande de la tournée. Si le tout premier sketch n'était pas mal (les deux Suisses-Allemands apprenant au public à être "de qualité"), les suivants (le policier, puis l'assisté social) servaient la soupe aux bourgeois (majoritaires dans le public, vu le prix des places) et participaient surtout à construire ce déplaisant sentiment identitaire "on est bien entre nous" des Romands, et ce malgré quelques idées qui auraient mérité mieux.

J'ai pour ma part plutôt aimé les numéros de clowns, notamment celui du "dressage d'enfants" de Davis Vassalo et Francesco Fratellini, dont j'ai aimé le côté (gentiment) méchant. Cecci y a vu une pique contre les défenseurs des animaux et la réduction des numéros de dressage, c'est peut-être vrai et nos enfants ne l'ont pas aimé.

Pour le reste, cent ans oblige, ça dégoulinait d'hommage à la famille, photos en noir et blanc, tradition nationale, "on n'a plus le droit de montrer nos éléphants", "nous sommes votre cirque", costumes en rouge et blanc (et je ne pense pas que c'étaient les couleurs de la Pologne). Mais là où, dans le même registre, j'avais trouvé Gruss carrément rance, ça passait ici quand même, grâce à une mise en scène magnifique et des numéros de très haut niveau.

Le chapiteau sans piliers (il est suspendu à deux arches immenses) et les jeux de lumières étaient splendides, d'un niveau que je n'avais jamais vu.


La troupe de danseurs acrobates Bingo, qui fait l'ouverture du spectacle depuis des années, avec toujours la même efficacité énerigue.

Passons en revue les numéros (dans le désordre), en commençant par ceux de la famille Knie/Errani. Comme toujours, ils se sont chargés des numéros d'animaux : tout d'abord un beau numéro d'oiseaux (des perroquets) jouant sur les couleurs.Puis, et surtout, les numéros de chevaux. Celui de la toute jeune Chanel Knie, avec des poneys montés par des poupées, m'a procuré une impression de weird intéressante et sans doute pas voulue - les filles ne l'ont pas aimé, je les comprends, on aurait dit un essai de magie dans l'univers d'Unknown Armies.




La double poste hongroise d'Ivan Knie et Wioris Errani était splendide (superbes chevaux et beaux écuyers) mais le clou était le numéro de carousel de la première partie, avec trente chevaux sur la piste, qui m'a bouleversé comme rarement, un de mes plus beaux moments de cirque. C'est pour ces quelques secondes grâce, où les chevaux, l'écuyer, les lumières produisent des images merveilleuses que j'aime aller au cirque.




Toujours dans le registre "familial" Knie, nous avons eu droit en premier numéro aux fratelli Errani, qui ont présenté un beau numéro, d'icarisme. Une valeur sûre de Knie, par des artistes dont les numéros dégagent toujours une vraie joie.

Cette année, le spectacle était accompagnée d'une chanteuse (dont je ne connais pas le nom) façon diva pop qui assurait le numéro d'entrée, accompagnée par la troupe Bingo, donnant un ton romantique et classe à la représentation.

Les artistes invités étaient, plus encore que d'habitude, d'excellent niveau.


Anastasia Makeeva a donné un numéro d'acrobaties aériennes parfois effrayant, le seul qui m'ait fait vraiment peur, avec une suspension en grand écart entre deux rubans, à plus de sept mètres du sol. Brrr !

Une réflexion en passant : le cirque repose toujours sur l'exhibition et la mise en jeu de corps extraordinaires. Corps des chevaux, des bêtes, des hommes et des femmes. Des monstres, des corps parfois choquants dans leur étrangeté (contorsionnistes ou jongleurs, voir Klee plus bas) ou sexualisés car souvent dénudés, couverts de paillettes ou de lumière. Il y a une ligne délicate entre l'émerveillement et le voyeurisme, rendant certains spectacles de cirque assez sexistes, ce qui n'était plutôt pas le cas du spectacle de Knie cette année.


Nous avions déjà vu la troupe Sokolov il y a quelques années. Elle a repris le même type de numéro (en clôture du show) de bascule acrobatique avec échasses. De la bascule acrobatique avec échasses (vous pouvez souligner tous les mots), c'est une combinaison de malades, à apprécier avec roulements de tambours, pirouettes aériennes folles (avec échasses) et tonnerre d'applaudissements. 


Le jongleur-danseur ukrainien Viktor Kee a créé un personnage extraordinaire, une silhouette extra-terrestre (son costume était différent, meilleur que celui de la photo ci-dessus). La mise en scène lumières de son show était magnifiques, avec une pluie d'étoiles projetées sur son corps et autour de lui, donnant l'impression d'un personnage irréel et transparent. Il a commencé par danser avec une boule lumineuse (ondulations et jeux d'immobilités) avant de recevoir du ciel ses balles de jonglage, de une à cinq. Un numéro de très grande classe.



Golden dreams est un duo italo-espagnol (nous les avions déjà vus aussi, l'an dernier je crois) qui présente le numéro qui pourrait être le plus bad-taste du monde. Un type sculptural façon gladiateur de film des années 70. Une femme musclée genre body building. Les deux sont peints en or et paillettes et font un numéro sur musique du style Hans Zimmer pour Gladiator. Et c'est super bien, notamment parce qu'ils savent jouer du côté statue antique, posée. Ces deux là font du tissu aérien au ralenti, ce qui nécessite une force et une maîtrise particulières. Et c'est très beau.

Ces deux costauds roumains forment le duo Ballance et mon numéro favori du spectacle de cette année. C'est un numéro de portés (j'explique simplement : le costaud 1 - 90 kilos au moins est porté par le costaud 2 - 100 kilos de muscles pendant tout le numéro). N'allez pas regarder la vidéo qu'on trouve sur youtube (le cirque ne rend rien en vidéo, on perd toute la beauté, ne reste que des images crues et froides), croyez-moi simplement : voir ces deux hommes, l'un portant l'autre, bouger avec force et lenteur dans des rayons de lumière bleue, m'a procuré une immense émotion.



Le spectacle de cette année était une grande réussite, dans le registre de cirque de Knie, je le recommande vivement. 

Merci au service média du cirque pour les photos.




07 octobre 2019

La grande illusion -- Jean Renoir

Encore un classique que je n'avais jamais vu. Un classique pour une bonne raison : c'est un film magnifique. Très écrit, monté avec un bel équilibre. Un film de guerre, de prisonniers et d'évasion, qui présente des personnages tentant d'agir humainement dans des situations qui devraient les pousser à se déchirer. L'image est superbe, la musique toujours présente à bon escient, et les acteurs sont formidables. Pierre Fresnay en aristo (que j'avais découvert dans l'assassin habite au 21), Gabin en "français moyen", Von Stroheim en noble allemand torturé (si ce que j'ai lu sur le film est vrai, Renoir l'aurait quand même un peu empêché d'en rajouter sur le dark-gothique du personnage).
L'évolution du récit m'a tout le temps surpris, ce qui est rare. J'ai été très touché par les personnages, le traitement des questions politiques (l'Europe, l'antisémitisme, la fraternité...), dans un récit formellement parfait.











01 octobre 2019

Hidden figures – Theodore Melfi

Ce feel-good movie met en scène Katherine Johnson, Dorothy Vaughan et Mary Jackson, trois femmes afro-américaines, douées pour les mathématiques et les sciences et ayant chacune participé à sa manière aux premières étapes de la conquête spatiale.
Le film porte un discours simple, montre le racisme, les discriminations, mais aussi la joie et l’exaltation de participer à une aventure aussi extraordinaire. Il donne aussi une idée de ce qu’à pu être le calcul du temps d’avant les ordinateurs.

Dans ce thread twitter très détaillé, Florence Porcel (qui apprécie le film) détailles les nombreux écarts entre la fiction et la réalité. C’est intéressant à lire pour enrichir sa connaissance de l’époque (par exemple, Katherine Johnson n’a jamais été vraiment victime de racisme).

On a regardé le film avec Rosa, Marguerite et leurs copines et elles l'ont trouvé intéressant.



30 septembre 2019

Cléo de 5 à 7 – Agnès Varda

Nous n’avions jamais vu de film d’Agnès Varda.
Dans celui-ci, on suit en quasi temps réel Florence, dite « Cléo », la vingtaine, starlette de la chanson yéyé, à travers Paris entre cinq heures et sept heures, le 21 juin 1961.
Cléo est angoissée, elle attend le résultat d’un examen médical qui peut faire basculer sa vie. Cléo a peur de la mort.
On va la suivre dans les rues de Paris, chercher du réconfort auprès d'amis plus ou moins solides et fiables. Dialogues naturalistes, chansons, DS, clopes, drague à l’ancienne (« alors, on se promène ? », « vous habitez chez vos parents? »), Cléo a tout ce que je pourrais détester dans un film français/parisien, mais est en vérité un excellent film, magnifiquement tourné, monté, joué, intelligent et subtil de bout en bout. Un des plus beaux films de femme sur les femmes que j’aie jamais vu, précis, doux et fragile. Une merveille de pur cinéma.








28 septembre 2019

Drôle de jeu – Roger Vailland


Je suis dans une période résistance/seconde guerre mondiale, et drôle de jeu est un drôle de livre pile dans la cible. Vailland a écrit ce roman, nourri de souvenirs de résistance, pendant les années 44 et 45 et l’a publié juste après la guerre. C’est un roman français, mettant en scène un journaliste parisien la quarantaine, pas mal porté sur les femmes (et la drogue, et plein d’autres choses), qui bosse trop, fait la fête et et drague une étudiante qui a vingt ans de moins que lui. Le tout bien écrit et plein de traits d’esprit.
On dirait donc que ça ressemble à une sorte de roman parisien caricatural, et c’est assez vrai. Sauf que le boulot du héros, Lamballe, est de coordonner des réseaux de résistance, qu’il mène une vie clandestine, qu’il travaille à essayer de faire libérer un opérateur radio… et que le tout est un véritable roman (l’histoire a la construction et les enjeux d’une fiction), avec un début, un milieu et une fin. Vailland y parle de la résistance avec une très grande liberté de ton, sans la sanctifier ni la diaboliser. La résistance, l’animation de réseaux, le financement de complices, la manipulation de fonctionnaires ou d’agents d cela SNCF, tout ça est un métier, avec ses routines et ses dangers, le tout très bien rendu. Bien sûr une partie des éléments sont vrais (je soupçonne que les portraits sont tracés d’après nature, pour la plupart), mais, en tant que roman, drôle de jeu est sans doute une des sources les plus vraies pour savoir ce que vivait un cadre de la résistance à Paris.

D’ailleurs, Daniel Cordier (le secrétaire de Jean Moulin) a choisi de publier ses mémoires sous le titre Alias Caracalla. Caracalla n’était pas son pseudo dans la résistance : c’est le pseudo que Vailland lui a inventé dans drôle de jeu !

26 septembre 2019

Player One - Ernest Cline

Je parle ici du livre, pas du film de Spielberg (pas vu).

Dans un futur déglingué, toute la planète est connectée à l'OASIS, système de réalité virtuelle du feu de Dieu, mélange d'Internet complet de MMORPG multi multi mondes. Le créateur de l'OASIS, Halliday, un génie croisement entre Steve Jobs, Bill Gates et Spielberg et Gygax, vient de mourir en indiquant qu'un Easter Egg était caché dans les milliards de mondes de l'OASIS et que celui qui le trouverait prendrait le contrôle de la société OASIS, et donc du monde... Et pour trouver cet "oeuf", il faut plonger dans l'univers mental années 80 de Halliday, séries télé, films, livres de SF et de Fantasy, musique...
Wade, le héros, est le tout premier a trouver un indice utile dans la quête de l’œuf. Contre lui, des milliers de concurrents et toute la horde des sixers, les méchants chasseurs pros payés par la méchante compagnie de télécom qui veut prendre contrôle de la trop cool OASSIS.
L'idée de base est marrante, pitchable en quelques mots et attirante. Toute la partie hommage aux années 80 est assez réussie, elle permettra aux ados blancs à lunettes des années 80 (donc les gens au pouvoir maintenant, rappelons-le) de reconnaître des signes culturels qui feront tilt.
Après ça, le livre se déroule comme un scénario hyper balisé de jeu vidéo. Il y aura trois clefs, trois portails, des retournements finaux, exactement comme vous pourriez le prévoir.
(au bout de cinquante pages, posez le livre et planifiez le scénario en vous appuyant sur les clichés et les effets les plus attendus : ça va se passer comme ça).
L'auteur s'efforce de décrire la tech et la société du futur, avec des idées marrantes (appareils haptiques, servage pour dettes...) qui malheureusement ne tiennent pas debout. Le côté le plus déplaisant du bouquin étant cette vision du monde de petit garçon qui, si elle est acceptable dans les films des années 80 (les goonies...) parce qu'à l'époque elle illustrait un point de vue original, ne l'est plus maintenant où elle doit au moins être un peu critiquée. L'auteur s'en rend d'ailleurs compte et essaie de corriger le tir, avec maladresse (l'identité de Aech, par exemple).
Un autre truc frappant : l'incapacité de l'auteur à penser le collectif, la société. On est en fait dans ce monde vieillot où le petit garçon héros tout seul surmonte toutes les difficultés...
Quelques livres mieux faits, sur des sujets voisins:
Le sauveur de l'humanité, c'est toi (Terry Pratchett), évoque de bien meilleure manière le jeu vidéo à l'ancienne et comment il permet à un jeune garçon de supporter un monde de merde (la banlieue anglaise des années Thatcher).
Mowenna, de Jo Walton, que j'ai lu à sa sortie et pas chroniqué, un beau portrait de jeune femme à travers ses lectures de SF.

Alors, avec tout le mal que j'en ai dit, Player One est-il bon à jeter ?
Même pas : c'est un bouquin distrayant, l'hommage aux années 80 est assez savant (même s'il ne m'a pas impressionné), et si on veut une histoire tadam ! qui mêle cyberpunk et jeu vidéo, on pourra y trouver un certain plaisir.


29 août 2019

Citoyens clandestins - DOA

J’avais déjà lu un roman de DOA, par la bande, celui qu’il a co-écrit avec Dominique Manotti. Citoyens Clandestins est un gros roman noir, mettant en scène dans la France de 2001 (celle d’un Internet sans Facebook, des téléphones portables sans écrans tactiles et de l’ambiance post 11 septembre) une apprentie journaliste, un agent arabe infiltré dans les « milieux islamistes », un super agent en roue libre travaillant de loin pour la DGSE et un paquet de policiers, musulmans radicalisés, etc, etc.
C’est bien arrangé, l’intrigue (centrée autour d’un attentat en France) fonctionne bien, la connaissance par l’auteur des mécanismes policiers et administratifs et journalistiques m’a bien plu. DOA est sérieux, n’en fait pas trop dans le sexe et la violence et le roman n’est pas trop pessimiste (si, si). C’est quand même une histoire de mecs qui en ont : je n’ai pas été très convaincu par la peinture des femmes.
Le plus intéressant de ce livre est révélé par son titre : ce qui intéresse DOA, au delà de son intrigue, c’est la peinture de la vie de gens qui, tout en vivant « parmi » nous sont en fait en parallèle de la société : wannabe terroristes, agent infiltré, agent secret. Le roman est aussi, assez curieusement, un roman de super héros (Lynx est une forme de surhomme avec identité secrète) et cet aspect l’a rendu touchant à mes yeux, par la construction assumée d’un fantasme au-dessus d’un récit réaliste.

27 août 2019

Twlight I – Catherine Hardwicke

J’ai regardé une heure de ce film adapté du fameux bestseller de Stephenie Meyer. Après, j’ai craqué. L’ensemble continuera donc à m’échapper, et ce n’est pas trop grave.

26 août 2019

Scènes du chapiteau 2019




Même si je n'en parle pas chaque année, le festival a toujours lieu, le dernier week-end des vacances scolaires (en Suisse). Trois jours de fête magique dans ce creux de verdure, avec les lampions, les constructions en bois, les enfants qui courent partout jusqu'à ce que la nuit devienne très noire, et les concerts et les spectacles. Les Scènes du chapiteau c'est notre festival, par ce qu'on y retrouve tous les copains du village, et des gens qui viennent de loin (amis, amis d'amis venus donner un coup de main pour assembler les structures temporaires) et d'encore plus loin (migrants en demande d'asile venus avec leur énergie et leur bonne humeur). C'est un moment tellement beau que si je voulais inventer une fête magique dans une histoire, je ne saurais que refléter ces mémoires là, c'est tellement beau que rien qu'à évoquer ce souvenir (c'était hier ! seulement hier !), j'ai envie de pleurer d'émotion.


Comme les enfants grandissent, on y reste plus longtemps. Du jeudi soir au dimanche, à la toute fin, pour les dernier applaudissements dans un très beau crépuscule d'été - troisième vague de chaleur sur l'Europe de l'année selon la NASA.
Un tout petit festival écolo, où l'on mange bien, où on boit local, où les musiciens viennent de tout près comme de plus loin. Cette année, j'ai pu écouter plus de concerts, voir plus de spectacles que d'habitude, et je vais tenter d'en dire ici quelques mots, pour un peu plus de souvenirs.



Jeudi soir, nous avons écouté Alfabeto Runico, formation italienne violon/voix plus deux contrebasses. Les chansons des Pouilles étaient réussies (avec de belles orchestrations), le reste marchait moins bien.


Vendredi après midi, un groupe sans nom nous a joué un répertoire sympathique à la Nick Cave. Dommage que le violon ait eu si peu de son.




Vendredi soir, Lada Obradovic Project, un ensemble jazz moderne autour de la batteuse serbe Lada Obradovic. Un moment exceptionnel ! Une musique de chocs, de ruptures, un écho de notre temps.

Samedi j'ai eu un aperçu d'à peu près tous les concerts, même si je n'ai pas pu les écouter tous en entier. Un des plaisirs de faire les présentation est de pouvoir échanger quelques mots avec tous les artistes.



On a commencé avec le Bric à brac orchestra : chansons à jeux de mots dans l'esprit de Boby Lapointe et instruments bricolés. De beaux moments de jeu et de poésie.


Puis j'ai eu quelques aperçus du spectacle Bivouac de la compagnie Matita, dans la forêt.


Nous avons ensuite enchaîné avec un très beau concert de l'ensemble Quatro Vozes autour des compositions d'Edgberto Gismonti, une musique sophistiquée, entre classique et jazz, construite autour de la guitare à six comme à dix cordes. Les musiciens avaient un jeu exceptionnel de précision.

J'ai aperçu des moments du spectacle Itinérances de la compagnie Muances, mêlant danse, violoncelle, jeu théâtral.


Du concert d'Alexandre Castillon et les bookmakers (accompagné à la viole de gambe) je n'ai entendu que la belle reprise de Brassens du rappel.


Au crépuscule, sur la petite scène bleue, a joué un très énergique trio blues venu de Montpellier, My Joséphine, autour de la chanteuse Bett Betty. Ca envoyait du bois !





Puis mon moment préféré du week-end, le concert de No mad ? Cabaret fantastique, interprétant leur spectacle Idomeni. Une magnifique présence scénique, de beaux textes, un univers puissant... Nous avons adoré.




Enfin, dans la nuit tombée, le bateau s'est élancé sur les musiques atmosphériques d'André Losa pour un moment de magie pure.




Avant que la nuit se conclue sur un énergique concert du Barcelona Gipsy BalKan orchestra.

Le dimanche est toujours une journée un peu étrange. L'été, les vacances, le festival se terminent. 


Nous avons eu la chance de re-voir les Colporteurs de rêves, un duo-trio entre cirque et chanson qui déploient une énergie de folie pour un spectacle très drôle, social et réflexif qui s'adresse à tous les âges.


Le festival s'est terminé avec un concert des Zézettes Swing (devenus Bleu Amarante), du néo-Swing 30s-50s plus vrai que vrai avec des compositions au discours écolo sur un ton léger, entre revival Django, triplettes de Belleville et petites touches de Louis Armstrong. Une belle conclusion pour un grande édition.

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Finding Neverland – Marc Forster

Vu peu de temps après Miss Potter, un autre biopic en costumes sur un créateur pour enfants des années 1900. Cette fois-ci, meet J.M. Barrie, joué par Johnny Depp (l’acteur favori de la population de moins de douze ans de notre foyer), avec Kate Winslet dans le rôle de Sylvia Llewelyn Davies.
C’est compassé comme il faut (moins que Miss Potter), victorien comme il faut et ça raconte une histoire d’amour sage comme l’époque pouvait en créer. Johnny s’en sort bien pour créer le personnage lunaire de J.M. Barrie. Kate Winslet est très bien aussi. Le film donne une idée de ce qu’a pu être la pièce de théâtre Peter Pan.
Le scénario est juste assez exaspérant dans sa tentative de montrer que toute l’histoire de Peter Pan s’explique par la vie et l’expérience personnelle de Barrie. Pour un film qui ne parle que d’imagination, être aussi faux sur l’acte de création est un peu lassant. Le film reste agréable à regarder toutefois.




25 août 2019

Le lièvre de Vatanen – Arto Paasalina

La lecture du cantique de l’apocalypse joyeuse, du même auteur, a été une de mes révélations littéraires de ces derniers mois. J’ai voulu découvrir le lièvre de Vatanen, roman plus ancien de quinze ans, qui a rendu célèbre Paasilinna.
Donc Vatanen est un journaliste désabusé. De retour d’un reportage ennuyeux, il percute un lièvre avec sa voiture. Et au lieu de repartir, décide de soigner puis d’apprivoiser la bête.
Le roman raconte ses aventures subséquentes, sur une mode ironique et grinçant, se confrontant au conformisme finlandais, sa découverte de la vie dans la nature, à construire des cabanes dans la forêt, lutter contre les incendies, convoyer du bétail… 
C’est drôle, enlevé, ça se lit bien. Formellement, le cantique de l’apocalypse joyeuse fonctionne de la même façon avec un récit plus cousu et construit. Le lièvre de Vatanen est plus une série de saynètes moins liées les uns aux autres. Le livre a du charme, mais il ne m’a pas autant enthousiasmé que le cantique.

24 août 2019

Maigret tend un piège – Simenon

Après une première découverte heureuse, un second Maigret (qui traînait dans ma pile). Un tueur de femmes sévit dans Paris en plein été. Dépassé, Maigret monte un plan compliqué pour l’attraper. Plus qu’un roman policier d’enquête, celui-ci tend vers le thriller. Un thriller parigot des années 50, entendons-nous bien, avec vieilles Peugeot, bières fraiches (encore) et butte Montmartre. Mais un thriller quand même. La psychanalyse du tueur en série (car c’en est un, même s’il n’est pas nommé ainsi) est assez légère et le roman s’intéresse plus à la psychologie morale du policier qu’à la question du mal, mais ça reste très agréable à lire.
Si un autre me tombe sous la main, je le lirai. 

23 août 2019

Serpico – Sidney Lumet

Deuxième (et dernière ?) étape de notre cycle Al Pacino.
Serpico est un flic d’origine italienne, honnête dans la police corrompue de New York dans les années 60. Un lanceur d’alertes à l’époque où le terme n’était pas encore consacré. Le personnage est réel, son histoire aussi. Le film en est l’hagiographie pesante et lourdement christique. J’ai aimé voir tous les costumes de Pacino et son évolution physique (je n’avais pas réalisé que ce type était tout petit !), ainsi que les décors crasseux de NYC de l’époque, servis par une image saturée aux noirs qui bavent. C’était quand même un peu long.