16 novembre 2006

La fontaine pétrifiante


Puisqu'on parle de Priest (voir le billet précédent)...
Je viens de finir la fontaine pétrifiante, un roman un peu ancien de l'auteur, qui m'avait été recommandé par Sébastien Guillot.
L'histoire (pour peu qu'il y en ait une) est quasiment inracontable, sinon ainsi : un jeune homme un peu paumé (sortant d'une rupture) s'isole dans un cottage pour y faire du bricolage et décide de faire le point en écrivant une sorte d'autobiographie à usage personnel. Mais il se rend rapidement compte que pour écrire la vérité sur ce qui le concerne, il est obligé de recourir aux artifices de la fiction et d'un monde imaginaire, l'archipel du rêve (oui, le même que celui du recueil du même nom, ma prochaine lecture de Priest). Et le roman va nous mener de cet homme qui écrit au même homme, embarqué sur une croisière dans l'archipel du rêve...
Ce livre est une fascinante récrit sur l'écriture, la rêverie, les mondes imaginaires, la façon dont ils nous soutiennent. Il est évidemment autobiographique et évidemment faux. Il décrit des comportements névrotiques dans lesquels je me reconnais parfaitement (la relation de l'auteur et de son manuscrit...), comprend des passages très doux, très beaux, dans l'archipel du rêve, quand les bateaux glissent le long des îles et sont parfois illuminés par les lumières des ports, et aussi quelques bavardages et pensées solipsistes un peu ennuyeuses.
C'est un roman labyrinthe, plein de reflets de reflets, d'illusions nées d'illusions. La fiction s'invite dans le monde réel, tout naturellement, puisqu'il n'y a pas de fiction, juste des voies différentes pour dire la vérité. Je m'y suis perdu à mon tour, je n'ai pas cherché à comprendre, j'y étais bien.

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