04 juin 2020

Le cinquième élément -- Luc Besson

C'était un devoir de classe des enfants (ne me demandez pas plus de détails) : regarder le cinquième élément, en étudier le rythme, la présentation des personnages...
On a passé un bon moment en famille, on a souvent rigolé, et après qu'en reste-t-il ?



J'ai aimé les créations plastiques du film, les Mondo-Shawan, les décors, les armes, les trucs et les machins qui font du bruit et de la lumière. Par moments, le film a l'insolence foutraque et violente des histoires de l'Incal et laisse sentir un univers foufou sans morale.

Mais, même sentiment qu'à la sortie : les montagnes russes sont distrayantes, mais l'histoire ne prend pas, on n'a pas le temps de croire à l'univers, aux personnages, pas envie de s'y attacher. C'est trop frénétique boum boum. Passée la scène d'intro, vraiment bien posée, tout se met à aller de plus en plus vite et ça saoule.
Je trouve que Bruce Willis jouant un soldat buriné n'est pas le bon héros de ce récit, que Leeloo est complètement sous-exploitée, unique personnage féminin d'un récit pas franchement progressiste. A la fin, il ne nous reste rien pour rêver.




02 juin 2020

La grande vadrouille -- Gérard Oury

Difficile à croire, mais celui-ci je ne l'avais jamais vu.
Nous l'avons regardé dans le cadre de la série années 40, et aussi pour faire découvrir Louis de Funès et Bourvil aux enfants.
Je vais supposer que l'ensemble de mes lecteurs connaissent le sujet de cette grosse farce pour ajouter quelques considérations personnelles.



Je m'attendais à une grosse farce lourde, et oui, c'est une grosse farce mais c'est aussi un film très honnête, qui tient son récit, avec des personnages bien écrits et attachants. 
La production est riche, avec de beaux décors façon tour de France des sites insolites, avec des scènes d'action souvent rigolotes.
Et quand on me montre une scène de poursuite avec des nazis en moto et des rebondissements marrants, j'en viens à me demander si la Grande vadrouille n'a pas influencé certains passages d'Indiana Jones... (oui, Oury n'est pas Spielberg pour la maîtrise du rythme et de la bagarre, mais j'ai eu parfois le sentiment que...).
Le film a plein de scènes réussies et de rebondissements rigolos, jusqu'à la poursuite finale que j'ai trouvée très belle.


Bref, ça m'a bien plu.
Les enfants ont trouvé ça "rigolo". Une de leurs copines en visite a paru ne pas vraiment comprendre ce qu'on trouvait à ce genre d'histoire.


01 juin 2020

Le corbeau - Clouzot

Ce visionnage fait partie d'une série #Années40 où nous avons cherché à voir des films sur la période de l'occupation, ou bien tournés durant la période. (je vais créer une catégorie sur le blog pour regrouper les films/livres vus/lus sur ce sujet).
Le Corbeau est un classique que je n'avais jamais regardé. J'ai été surpris de découvrir que le sens du mot "corbeau" pour désigner un auteur de lettres anonymes vient de ce film.


On a donc une petite ville de province, des lettres anonymes qui engendrent la défiance, des personnages secondaires souvent hauts en couleur : infirmière dévouée, psychiatre délirant, femme fatale boiteuse, gamine indiscrète, instituteur manchot... et le héros, pas très sympathique et arrogant qui va tenter d'aller au bout de cette affaire.


J'ai eu l'impression, lors du twist du twit final que le récit ne tenait pas tout à fait debout, mais ça n'a pas d'importance. Le Corbeau est un film implacable sur la contagion du mal par grand soleil. J'ai eu du plaisir à voir et revoir des têtes connues du cinéma français d'alors, dont Pierre Fresnay (oui, je sais qu'il a collaboré sans doute plus souvent qu'à son tour, mais c'est quand même un acteur formidable).



Malgré sa production par des capitaux allemands, la Corbeau est un très grand film. Ecriture aux millimètre, mise en scène et images impeccables, acteurs au sommet et une angoisse métaphysique.

31 mai 2020

Titanic -- James Cameron



On a regardé Titanic avec les enfants, dans notre série "regardons les classiques". Je ne l'avais pas revu depuis la sortie.
Le film passe bien, les costumes sont très beaux et j'aime toujours autant Kate Winslet. J'ai trouvé les images de synthèse du paquebot quittant le port un peu lisses, mais le film catastrophe de la fin est toujours aussi spectaculaire, avec de beaux effets sonores et des visions hallucinées que j'avais oubliées.



Film approprié pour les enfants ?
Rosa (12 ans) a aimé les costumes, l'aspect historique, la romance. Marguerite (11 ans) a eu peur à la fin et a préféré aller lire dans sa chambre le temps que le bateau coule.


Je recommande aux curieux de Titanic et de cinéma le visionnage de cette chouette vidéo d'Histony qui parle de paquebots et de nazis et qui montre certaines inspirations allemandes du film de Cameron.



30 mai 2020

Le jour des Triffides -- John Wyndham


J'ai lu ce court roman sur conseil de l'Outsider, d'In Fabula Veritas. Le jour des Triffides est un récit post apocalyptique anglais datant du début des années 1950. Suite de à de mystérieuses apparitions lumineuses dans le ciel, 95% de la population mondiale devient aveugle. Ce serait déjà assez embêtant si, en plus, les Triffides (des plantes génétiquement modifiées, qui marchent et sont capables de tuer) ne profitaient pas de la situation pour envahir peu à peu les rues et les campagnes...
Ce roman est un classique de la SF anglaise, héritier de Wells et anticipant Ballard ou bien Priest. Le déroulé des événements est horrible, les scènes dantesques se succèdent, mais la narration ne s'attarde pas sur l'horreur. On s'intéresse aux aventures du narrateur, à ses rencontres, aux tentatives de reconstructions sociales, à sa lutte à l'arbalète ou au lance-flammes contre les Triffides.

Cette vieille couv reproduit bien l'esprit du roman
Le récit est court, mené énergiquement et ne manque pas de piques caustiques ni d'humour. Le déroulement des événements pourra sembler super balisé, mais on le sens du rythme de l'auteur fait qu'on ne s'ennuie pas. On pourra aussi sourire devant la représentation des femmes et leur rôle, même s'il y a dans l'invention du personnage de Josella quelques idées amusantes. Les hommes agissent, les femmes suivent et disent "mon chéri", l'époque voulait ça.




28 mai 2020

Tout en haut du monde – Rémi Chayé

On a quand même regardé pas mal de films avec les enfants durant ce confinement. Je fais quelques billets de blog pour en garder trace et mémoire.
Celui-ci, conseillé par l'ami Léo de Mittelhausbergen, est un film d'animation (français, je crois), racontant l'aventure arctique d'une jeune russe de bonne naissance à la fin du XIXème siècle.


Quand, comme moi, on a passé de nombreux mois à essayer de raconter l'aventure polaire d'une jeune fille (sujet improbable s'il en est, tant ces explorations ont été des expéditions masculines), on regarde cette histoire avec attention, surtout si, en plus, on s'intéresse en particulier aux expéditions polaires russes.
Le récit de la jeune Sascha, fille de bonne famille et petite fille d'explorateur, entre le Saint Petersbourg de la cour et les pôles, est vraiment très réussi. Les enfants se sont moqués de l'animation très statique des premières minutes, puis elles ont été prises par le récit.



Le dessin devient de plus en plus beau comme l'histoire progresse, avec des couleurs pâles de ciel du nord, des horizons maritimes et glaciaires... Les parties en bateau sont formidables et évoquent magnifiquement la progression polaire, notamment l'aspect sonore du choc contre la glace. Le récit d'apprentissage comporte quelques passages un peu convenus mais les personnages sont bien plantés et j'ai marché à fond, au nord et à travers les glaces !

Une heureuse découverte !





 

27 mai 2020

Civilizations – Laurent Binet

Un article sur une vieille lecture, au cours du mois de janvier, alors que les grèves étaient encore en cours et que Covid ne voulait rien dire.
On a donc un écrivain goncourisé qui a fait une uchronie. Point de divergence, notamment, le fait que quelques Vikings aient exploré l'Amérique bien plus au sud et qu'une bande d'Incas en fuite après la guerre civile se soient emparés des caravelles de Christophe Colomb. A la fin ils envahissent l'Europe et ça m'a fait penser à un roman de Silverberg avec une Europe turque dont le titre m'échappe.
Le début du livre est très drôle et bien envoyé (la partie viking). La partie Inca-purement-inca forme une seconde nouvelle qui fonctionne bien. Le reste glisse du rigolo au un peu laborieux. Guerres, incompréhensions culturelles, ruses, pim pam poum.
Je suis frappé, dans les critiques grand public (genre masque et la plume) que personne n'ait relevé le lien du titre avec le jeu vidéo de Sid Meier.
Raccourci, ça aurait pu faire une sympathique novella chez un éditeur spécialisé.