16 octobre 2020

Les 400 coups – François Truffaut

 Suite de notre découverte de l'oeuvre de François Truffaut. Son premier film, le plus connu avec Jules et Jim. L'enfance d'un gamin mal aimé, dans le début des années 60, mais qu'on pourrait transposer à d'autres époques. 

Antoine se prend des colles de son maître de classe, se fait engueuler en permanence par sa mère et ne reçoit pas beaucoup de soutien de son père. L'appartement est petit, l'école est ennuyeuse, le seul truc vraiment cool c'est de sécher avec René, de fumer en cachette et de s'enfermer au cinéma.

Le film pourrait être triste et misérabiliste, mais il ne joue par sur ce registre là. Grâce au montage, au jeu très spontané des enfants et à leur énergie, la narration reste pleine de vie, d'un désir d'autre chose, d'ailleurs, on se dit tout le temps que le personnage va s'en sortir, même s'il s'en prend en fait plein la figure. C'est filmé avec énergie et grâce, l'enfance est légère, malgré tout.








22 septembre 2020

Avatar -- James Cameron

 Et bien oui, celui-ci aussi on ne l'avait jamais vu. Ca coûtait trop cher de descendre le voir au cinéma quand il est sorti (malgré mon goût pour la SF avec des vaisseaux), et il fallu que Marguerite lise un article à son sujet dans l'excellente revue Topo pour nous convaincre de le mettre au programme de notre ciné-club familial.

Deux choses bien dans ce film : une belle idée SF (se projeter dans un corps artificiel qui ne soit pas la nôtre et qui permette d'explorer des mondes qui nous échappent) et une réalisation efficace, qui emporte l'attention et donne envie de voir la suite.

En exceptant cela, le film est très très bête. Marguerite a trouvé l'histoire cent pour cent prévisible. Les personnages sont écrits à la truelle, la philosophie du récit est bête à mourir et ce que ça raconte du rapport des auteurs à la nature est très très effrayant. Le personnage principal est défini dans le récit comme une vasque vide, et, de fait, il l'est.

J'ai eu également du mal à supporter l'imagerie jeu-vidéo du film, avec ses CGI trop vraies pour être vraies. A titre personnel, j'ai eu une dose satisfaisante d'exosquelettes, de créatures bizarres, d'hélicos cools, de décors insolites et grandioses, mais après visionnage il ne reste plus grand-chose de tout ça, sinon une envie de relire le nom du monde est forêt, d'Ursula Le Guin.







24 août 2020

Les années – Annie Ernaux

J'ai découvert ce texte autobiographique à travers son adaptation radiophonique (merci à Titiou Lecoq de l'avoir recommandée). A partir de photographies, l'autrice raconte sa vie d'une manière impersonnelle, éclairant à travers elle même le temps qu'elle a traversé, de 1940, année de sa naissance, aux années 2000. Ce livre donne à voir et à sentir le temps, les changements d'époques, l'évolution des modes de pensée, de la vie matérielle, des discours que la famille porte sur eux. Il y est question d'une femme (toujours traitée en "elle", jamais en "je"), fille d'épiciers en Normandie, excellente élève, de ses rêves, de sa sexualité, de son mariage, de ses enfants, de son sentiment d'être une transfuge de classe, de son vieillissement. Annie Ernaux prête attention aux lieux, aux objets, aux sujets dont on parle durant les repas de famille, à la manière dont on évoque le passé, dont par exemple disparaît l'évocation de la seconde guerre mondiale et de ses privations. Elle construit un discours complexe sur la mémoire, le souvenir de soi, la prise de conscience du souvenir de soi...

Cela donne une image forte de ce que ça a été d'être une femme née pendant la guerre (la génération de mes parents) et de ce qu'a pu être une certaine France de la seconde moitié du 20ème siècle. C'est intelligent, conscient, écrit avec une grande précision et avec cette dose de narcissisme (même si dépersonnalisé) qui fait "littérature française".

Je n'ai pu m'empêcher de rapprocher ce court livre de l'énorme roman l'amie prodigieuse, d'Elena Ferrante, qui est aussi le récit de femmes transfuges de classe et la chronique d'un pays des années 50 à nos jours. Là où le roman de Ferrante offre une matière romanesque riche et une puissante implication émotionnelle, le livre d'Annie Ernaux ressemble à une froide dissection du temps et du souvenir.

21 août 2020

L'armée des ombres – Jean-Pierre Melville

 Dans le cadre de l'exploration des fictions mettant en scène l'occupation, je me rends compte que j'ai oublié de parler de ce classique. Nous n'avions jamais vu de film de Melville, et nous avions manqué quelque chose.