18 mai 2022

La main gauche de la nuit -- Ursula Le Guin

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Il y a quatre ans, j'ai relu les Dépossédés (c'était vachement bien). Cette année, j'ai récolté plein de vieux livres de SF chez un copain qui vidait sa bibliothèque et parmi ceux-là, la main gauche de la nuit, que j'ai donc relu dans la même édition pocket moche que quand je l'avais découvert. Oui, cette couv est vraiment... heu... sans rien à voir avec le contenu ?

 Et le livre, alors ?

J'en avais le souvenir d'un bouquin un peu obscur dans lequel il m'avait fallu du temps pour plonger. On dira que j'ai grandi, et c'est maintenant exactement la SF qu'il me faut. Primo, le roman n'est pas très long. Puis il croit entièrement à son univers, et moi j'y crois aussi. Le récit est totalement, humainement et sociologiquement crédible.

Je rappelle très très vite le pitch : Genly Aï, un Terrien, est envoyé de la société galactique sur la planète Gethen (dite Nivôse par ceux qui l'ont découverte), un monde très très froid peuplé par des humains hermaphrodites. Il va se retrouver coincé dans des intrigues politiques compliquées, devoir voyager à des endroits où il n'avait pas envie d'aller et il va se faire un ami.

Relire mamie Ursula de nos jours, c'est à la mode (et bien tant mieux : elle fait de bons livres). Relire celui-là, en post metoo et féminisme plus visible (ou bien = l'auteur de ces lignes un peu plus informé), c'est intéressant. Comme m'a dit une amie, c'est un roman assez misogyne : la vision que le narrateur a des femmes et de ce qui est "féminin" est carrément dépréciatrice.

Autre surprise, alors que dans la langue des natifs le pronom pour décrire les gens est asexué (comme eux, qui le sont 90% du temps), le texte anglais et français utilise il tout le temps. On se demande ce qu'aurait donné un texte où les getheniens auraient été décrits dans une grammaire prenant en compte leur manière particulière d'être genrée. Pourquoi est-ce que Ursula n'a pas fait ce genre de choix ? Peut-être que ça ne se faisait pas, ou par manque de savoir le faire (les autaires sont parfois très limité.e.s dans leurs capacités, j'en sais quelque chose), ou d'autres raisons qui ne sont qu'à elle. Le livre est comme ça, tant pis, tant mieux, ça nous permet d'en parler.

Sinon, j'ai adoré. J'ai voyagé très loin, j'ai aimé les personnages, j'ai vécu dans des sociétés étranges et humaines, incompréhensibles et toutes proches. La toute fin du roman m'a bouleversé et m'a fait ressentir quelque chose que je ne trouve que dans les meilleurs textes de SF, une nouvelle perception de qui je suis et de ce que nous sommes, nous, êtres humains. 



 

07 mai 2022

Blogging tardif - films

Le principe de ce blog est, depuis le début, de suivre un peu mes lectures, visionnages et autres rencontres avec des productions culturelles. Je ne suis pas aussi assidu à le tenir que je ne le fus, mais j'aimerais marquer ici quelques trucs regardés ou bien lus ces dernières années dont je voudrais garder une trace. Jugements lapidaires en perspective ! Peut-être que je développerai plus tard certains de ces commentaires dans des messages plus longs, mais j'en doute, les journées sont courtes et la fin des temps est proche.

On va commencer par les films, dans un ordre approximativement inverse de visionnage. A relire la liste, je me rends compte qu'il en manque, mais tant pis. Voici donc, en vrac, des films vus ces deux dernières années.
 
Re)Trouvailles | BERTRAND TAVERNIER | Le juge et l´assassin - YouTube
 
Le juge et l'assassin, de Bertrand Tavernier : après quelques belles rencontres, comme Laissez-passer, nous avons exploré d'autres films de Tavernier. Nous en avons aimé certains et détestés d'autres. Le juge et l'assassin fait partie des premiers : la relation entre le juge (Noiret) et l'assassin (Galabru) est fascinante, les scènes secondaires sont très bien. La charge de gauche n'est pas très fine, mais ça fait plaisir de voir cette lutte des hommes et des classes ainsi incarnée. On a beaucoup aimé.

QUE LA FETE COMMENCE

Que la fête commence, de Betrand Tavernier: voir supra. Celui-ci est dans la seconde catégorie. On aime beaucoup les acteurs qui y jouent (Noiret, Rochefort et Marielle !), l'ambiance d'époque est forte, mais le film, avec son lot de sperme, de sang et de pisse est somme toute assez déprimant.
 
Capitaine Conan - Film de Bertrand Tavernier (France, 1996) de Bertrand  Tavernier (Film de guerre) : la critique

Capitaine Conan, de Betrand Tavernier: voir supra. La reconstitution, le sujet, l'époque, le cadre sont formidables. Certaines scènes, extraordinaires. Torreton, incroyable. Mais on n'a pas aimé. On n'a pas bien compris où ça nous emmenait, et nous n'avons jamais accroché.

Les Choristes (2004) - VEGA Film & Distribution

Les choristes, de Baratier: je ne me rappelle plus pourquoi on l'a regardé, peut-être pour faire plaisir aux enfants ou aux grands-parents. J'ai pensé aux disparus de Saint Agil, de Christian-Jacque, et je me suis dit qu'on savait bien mieux faire les films de pensionnat à en 1936. Les choristes, c'est bien gentillet. Et tout le monde ne filme pas les enfants comme Truffaut dans les 400 coups.
 
Le Grand Meaulnes : Un film de Jean-Daniel Verhaeghe , Une nouvelle  adaptation du roman d'Alain-Fournier - aLaLettre

Le grand Meaulnes, de Jean-Daniel Verhaeghe : on y retrouve le mignon Jean-Baptiste Maunier, comme dans les choristes. Mais là où les choristes était simplement gentillet, ce grand Meaulnes est nul. Rien à sauver (comme quoi, avoir Marielle ou Torreton dans un film ne suffit pas).
 
Mamma Mia! : 7 anecdotes à connaître sur la comédie musicale | Vogue France

Mamma Mia!, de Phyllida Lloyd : je ne l'ai jamais dit, mais une de nos descendantes est fan de comédies musicales et de Abba. Et bien c'était très rigolo de regarder ça avec elle. J'ai découvert Abba, et en fait, j'ai plutôt aimé.
 
The Imitation Game - Le Temps
 
The imitation game, de Morten Tyldum. Un film sage sur un sujet fascinant. Ca se laissait quand même regarder, et certaines images étaient très bien.

What Is The Main Point of 'Gattaca' (1997) Movie? What Is The 'Gattaca'  Meaning? » SpikyTV

Gattaca, de Andrew Niccol : celui-ci, je l'avais vu à sa sortie. Les filles ont eu à la regarder sur demande d'une de leurs profs. J'avais oublié combien ce film était abstrait et beau. Plastiquement, il a étonnement peu vieilli. Et j'adore la manière dont Jude Law incarne son personnage. Formidable.
 
THE TRUMAN SHOW (Critique) – Les Chroniques de Cliffhanger & Co

The Truman show, de Peter Weir : encore un visionnage scolaire, dans le cas d'une réflexion en classe sur la liberté. La réalisation n'est pas très inspirée, mais le film reste remarquable par l'univers qu'il crée. Et j'y aime beaucoup Jim Carrey. Une très belle découverte familiale.
 
Richard III (1995) - IMDb

Richard III, Richard Loncraine : celui-là aussi, vu à sa sortie. Ian Mc Kellen avant qu'il soit Gandalf et Magneto, et avant qu'il se commette dans Cats, c'était quelque chose. Shakespeare + nazis, ça marche plutôt très bien.

Photo du film L'Assassinat du Père Noël - Photo 6 sur 6 - AlloCiné

L'assassinat du Père Noël, de Christian Jacque : celui-ci, on l'a regardé pour se plonger dans les années 40. Rien de transcendant, mais ça se regarde très bien.
 
Critique : Man on the Moon, de Miloš Forman - Critikat

Man on the Moon, de Milos Forman : j'ai dit plus haut que j'aimais Jim Carrey. Il est vraiment extraordinaire dans ce film sur un Andy Kauffman, humoriste barré des années 70. Ce film mériterait un billet plus long, tant il m'a bouleversé et mis mal à l'aise. On en vient à douter de la vérité, et de la réalité, comme chez Dick ou chez Christopher Priest. C'est vraiment très bien.
 
Ondine»: quand l'amour fait splash - Le Temps

Ondine, de Christian Petzold : urbanisme berlinois et morceaux de récit fantastique. C'était inhabituel et plutôt pas mal, mais je ne m'en souviens pas très bien, ce qui n'est pas très bon signe.
 
Indiana Jones and the Temple of Doom (1984) - IMDb

Indiana Jones et le temple maudit, de Steven Spielberg : (re)vu en famille. A part la première scène, on a détesté. Je sais qu'il paraît que c'est le meilleur de la série, etc., mais en fait la misogynie du film/du personnage nous a vraiment déplu. (Alors que, durant mon premier visionnage au siècle dernier, je me rappelle avoir ri tout le temps)

This is the gruesome original ending of the Hunchback of Notre Dame

Le bossu de notre dame, de Gary Troussdale et Kirk Wise : vu avec une enfant à l'hosto. Je ne l'avais pas aimé à la sortie. Là, je l'ai adoré. Les musiques, la réalisation, la qualité des dessins et des décors, les chansons... Et ce détail qui laisse entendre que les gargouilles qui parlent n'existent que dans la tête de Quasimodo... Formidable. C'est le Bolchegeek qui m'avait donné envie de le revoir.
 
Frère des ours | DisneyPixar.fr

Frère des ours, Aaron Blaise et Robert Walker. Vu aussi à l'hosto avec enfant. Les chansons sont nulles mais le cadre était original et le scénario contient un twist assez joli. Ca parle de la vie, de la mort, de la culpabilité et du rachat. Pas mal.
 
7 Easter Eggs You Can Find in Disney•Pixar's Up—Plus 3 Up Easter Eggs in  Other Pixar Films - D23

Up, de Pete Docter et Bob Peterson. Vu aussi à l'hosto avec enfant (oui, ça a été un peu long). On a beaucoup aimé. Le quasi court métrage qui ouvre le film et qui résume la vie du héros est un chef d'oeuvre.

WALL-E - Movies on Google Play

Wall-E, de Andrew Stanton. Vu aussi à l'hosto etc. On a adoré. Plein de trouvailles géniales, une SF poétique qui fait penser à des classiques des années 50.
 
Cats' VFX Artist Breaks Silence on Editing Out Buttholes | IndieWire

Cats, de Tom Hooper: dieu que c'est embarrassant ! Mais ça nous a fait découvrir le muscial d'origine (plusieurs chansons sont très bien) et les poèmes d'où tout cela provenait.
 
Lola Rennt (Run Lola Run) - Introduction Theme - YouTube

Lola Rennt, de Tom Twyker: vu à sa sortie, j'en gardais un souvenir ébloui. Et bien j'aime toujours beaucoup, et Marguerite (11 ans à l'époque) a adoré. Parce qu'il y a Franka Potente avec des cheveux rouges et une musique qui envoie du bois.
 
Little Women

Little women, Greta Gerwig : une adaptation moderne et assez sage du roman, rien de honteux, bien jouée, bien faite, avec Paul Atreides dedans. Ce film m'a surtout rappelé le roman et l'importance qu'il a eu dans ma vie, en me présentant la figure d'une jeune personne voulant et pouvant devenir écrivain. Je crois que j'ai eu envie d'écrire après l'avoir lu. Et j'étais sans doute un peu amoureux de Jo.