Comme chaque année ou presque, nous sommes allés assister au spectacle du Cirque d'Hiver Bouglione. Et comme l'an dernier nous avons pris des places au premier rang, parce que pourquoi pas, c'était notre cadeau de Noël.
Le spectacle de cette année s'appelle Tempo, l'affiche dans un style années 20/30 est super belle, Michel Palmer est toujours là. Si un jour j'entrre sur une piste circulaire (ce que je ne ferai sans doute jamais) ce sera pour, comme lui, porter un costume classe, écarter les bras et sourire en disant "place au cirque !" d'une voix ferme et chaude.
Le clown cette année est Housh Ma Housh, un clown ukrainien qu'on avait déjà vu dans d'autres spectacles. Ses numéros sans paroles sont plutôt marrants, notamment celui où il pique la parole à Michel Palmer, justement. Dans ces specracles, en plus de ses propres numéros, le clown apporte un liant aux différentes pièces et la note de poésie un peu mélancolique qui va avec les spectacles de cirque de nos jours.
Maintenant, la classique petite revue des numéros (et quelques photos prises depuis le bord de piste par votre serviteur).
D'abord, la troupe de ballet des Salto dancers, toujours très bien. (oui, OK, ces jeunes gens sont super beaux - dans le genre hétéro normés musclés)
Puis la troupe Empress fait un numéro de jonglage à quatre sur plusieurs étages (avec les types en kilt et la dame portant une grande grande robe union-jack, WTF, mais ça rend bien). Le numéro est très cool avec de belles images.
Le numéro suivant est de la roue Cyr, un agrès que j'adore voir sur scène, joué ici par Guillaume Juncar. Il est très très bon, le numéro est beau et rythmé, très réussi.
Celui qui suit, le numéro de Sara Nagyhegy est un truc dingue qui met mal à l'aise. La jeune femme fait des figures suspendue à une sangle par les cheveux ! ("une technique ancestrale du cirque chinois", dit Monsieur Loyal.) Ca donne un effet très weird d'un corps qui danse, les quatre membres libres, suspendu dans le ciel. Mais à quel prix ? Au prix de quels efforts, de quel douleur ? (de quelle perte de cheveux ?). Peut-être que cela nous rappelle aussi les efforts moins visibles d'autres artistes, les corps secoués et tordus et poussés pour le spectacle.
En cela, parce qu'il est réellement étrange, le numéro de Sara Nagyhegy est aussi d'une très grande beauté. Le simple fait de le voir, là, juste devant nous, est bouleversant.
Le numéro suivan est la classique pièce de haute école de Regina Bouglione (insérer ici mes regrets de ne pas voir plus de chevaux). Le passage où le cheval danse avec le danseur est très beau;
Asia Perris offre ensuite un numéro d'équilibrisme sur mes mains, très beau. Elle fait dans ce numéro un étrange mouvement : en partant depuis un grand écart, elle se relève en refermant simplement les jambes. C'est si évident et singulier que cela teinte tout le numéro, avec cette fausse impression de facilité qu'offrent souvent les pièces de cirque.
Enfin, Sampion Bouglione fait un très mis en scène numéro de jonglage de balles + claquettes qui marche très bien, notamment dans les moments de silence créés par l'orchestre.
Et le dernier numéro de cette première partie époustouflante est un numéro de roue de la mort d'Andrei Pogorelov, très puissant et très effrayant (notamment quand il saute à la corde perché tout en haut de l'engin infernal). Le genre de moments où on retient son souffle.
La deuxième partie après l'entracte ouvre sur ce numéro des Rokashov, aux barres fixes. La gymnaste n'enlève jamais ses talons hauts, ni pour sauter, ni pour marcher sur les barres. C'est assez classe.
Ensuite Natalia Bouglione fait un joli passage de sangle aérienne (une forme que j'aime beaucoup) avec des effets très surprenants de changement de costume en plein air, comme si un peu de magie transformiste s'était invitée dans le numéro. Avec les éclairges et les effets de fumées, ça en jette.
Enfin, le numéro de Blade 2 Blade est le deuxième grand moment de ce spectacle. Ce couple fait du lancer de couteaux en offrant des twists intéressants. D'abord, en atténuant le côté "violence faites aux femmes" (atténuant - c'est toujours présent quand même, mais moins présent) : la femme entre en scène en tenant un arc avec flèches pour tirer vers le mec.
Elle a aussi un passage où elle loge autour de lui des sortes de carreaux d'arbalète et perce une pomme au-dessus de sa tête.
Enfin, il y a un magnifique passage où il tire vers elle les yeux bandés, avec elle qui guide l'arme vers le ballon qu'elle tient en mains (sur un petit bouclier).
L'avant dernier numéro, celui des Bello Sisters, est un beau numéro de mains à mains, joliment féminisé (puisqu'on n'a pas la division acrobate - légère et porteur - costaud, mais deux porteuses).
Enfin, clôture pompière et tricolore, la brigade de gymnastique des pompiers de Paris. Le numéro fonctionne sur le nombre, le feu, le rouge et les lumières (et un drapeau, à un moment). C'est une des rares pièces qui aurait franchement gagné à être vue de face. En ce sens, j'avais préféré leur intervention lors du spectacle des société des gymnastique à la vaudoise arena, l'hiver dernier.
Le tout donne un très bon spectacle de Bouglione. Classe, lumineux, qui fait rêver et ressentir des sensations fortes. Et toujours un pincement de nostalgie quand les danseuses et danseurs disparaissent au milieu de la piste.