Ça a été notre film de réveillon, choisi par mes parents. Je n’avais jamais vu de film de Lelouch, dont j’avais l’image d’un type un peu prétentieux, réalisant des films avec un style particulier (romantiques, musique, caméras qui tournent).
Le pitch : lui et elle ont leur gamin dans le même pensionnat en Normandie. Elle manque son train, il la raccompagne à Paris dans sa belle voiture rouge. Ils se plaisent, se découvrent, cherchent à se revoir. Les deux sont veufs (peut-être…). Il est beau (c’est Jean-Louis Trintignant, mais en fait je lui trouve un air méchant, je ne l’aime pas beaucoup — mon appréciation), elle est très belle.
Ce film, palme d’or 1966, est super bien filmé (si, si). Il raconte par l’image plus que par les blablas, il est très sensoriel (bruits de moteur, éclats des vagues de la plage, ambiance de restaurant, de route tard le soir). Les souvenirs sont évoqués par des effets de montage très bien fichus, ça coule tout seul. Il traverse plein d’atmosphères différentes, d’une manière à la fois vive et brillante. Du beau cinéma.
Anouk Aimée incarne l’archétype de « l’actrice française super belle », du genre tu es un jeune intello et tu as une photo d’elle au-dessus de ton lit. Elle a ces grands yeux ourlés de très grands cils, ce regard mystérieux masqué derrière des lunettes de soleil, cette voix un peu profonde et une grande capacité à être amoureuse. (Là, je parle de ce qu’elle projette, pas de ce qu’elle était, je ne la connaissais pas.)
Le film date de l’âge de la voiture. On entend des moteurs tout le temps. JLT est un vrai pilote. Les véhicules grondent, claquent et roulent, vroum, vroum, vroum. La moitié des scènes ont lieu en bagnole. Le mec conduit tout le temps, et notamment quand il ne devrait pas conduire (genre faire monter des gamins avec toi dans une auto après avoir roulé 5 000 km, sérieux ???), et personne ne porte de ceinture. J’ai eu peur tout le temps, pour tout le monde.
Quand ils sont en auto, la deuxième fois, on entend la radio parler de « un homme et une femme » (oui, le titre) qui sont décédés dans un accident de voiture… Ça fait planer sur tout le film l’ombre de la mort, tout le temps, et en fait, d’un point de vue narratif et émotionnel, c’est vraiment pas mal.


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