07 avril 2017

Ghost in the Shell - Mamoru Oshii


A entendre parler du film avec Scarlett Johansson, Juliette Binoche et Takeshi Kitano (dont les images m'ont l'air bien jolies, et les personnages bien white-washés), j'ai eu envie de revoir le film d'origine, vu à sa sortie et pas vraiment revu depuis. J'en gardais un souvenir fort : des dialogues pontifiants et philosophiques, un scénario confus, des scènes d'action très marquantes et des moments planants sur la superbe musique de Kenji Kawai. 



Et bien mes souvenirs étaient plutôt justes. En fait, les scènes d'action sont si puissantes que même avec vingt ans d'écart, je les avais encore en tête. Les dialogues lourds sont là aussi, mais pas si importants, et le scénario n'est pas si compliqué, on sent juste que des scénaristes ont voulu faire entrer dans un film ce qui collait mieux sur un format plus long. J'ai surtout été émerveillé par les vues de la ville, les trips visuels techno-informatiques, les hélicoptères sous la pluie, les visions par l'intermédiaire de caméras, les gens qui se branchent des fils dans la nuque, les vitres qui explosent... Ce film déploie une poésie du futur (comme Blade runner et d'autres) dont je me rends compte qu'elle m'a habité depuis lors. Et, malgré ses défauts, Ghost in the shell est un grand film.



Lors du re-visionnage, j'ai été frappé par le traitement du corps du major Kusanagi. Elle apparaît souvent nue (dans très belle séquence du générique ou quand elle porte sa sorte de double-peau qui la rend invisible) et elle n'est pas attirante au sens conventionnel. Elle dégage autre chose, une forme de perfection physique et de puissance froide, comme si, malgré la couverture de chair artificielle, on parvenait à distinguer le cyborg. Et la scène où le robot se déchire et se détruit lors du combat contre le tank m'a pris aux tripes.


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