10 août 2007

The etched city - K J Bishop

J'étais curieux de découvrir ce roman dont j'avais entendu parler par plusieurs sites de référence, qui le mettaient en parallèle avec le livre de Jeff Vandermeer, la cité des saints et des fous (dont j'ai parlé ici). Je l'ai lu en anglais, ce qui ne m'est pas habituel. Pour ceux qui seraient tentés, la langue m'a parue d'un niveau de difficulté tout à fait abordable. (je l'ai trouvé plus facile à lire que Robert Howard, par exemple).
Voilà donc un curieux roman, pas évident à résumer. Il y est question d'un tueur à gages (Gwynn) et d'une femme médecin (Raule), qui se rencontrent dans le pays désertique qu'on appelle "Coppier Country". Des retrouvailles de vieux complices plutôt que celles d'amants ou d'amis...
Après quelques ennuis, ces deux-là décident de se rendre dans l'étrange cité d'Ashamoil pour y refaire leur vie. Gwynn deviendra garde du corps d'un marchand d'esclaves, Raule mènera une difficile carrière médicale.
Et alors, que raconte ce roman? Difficile à dire. Nous ne sommes pas dans les schémas de la littérature de genre, malgré le début qui paraît en ressortir. Pas d'aventure, pas de quête, pas d'enquête, nous voyons vivre Raule et Gwynn (surtout Gwynn), chacun de son côté. Gwynn va tomber amoureux, être mêlé à des ennuis liés à son métier. Raule va mener quelques recherches médicales. Mais on sent bien que l'important n'est pas là. Il y aura des combats, des drogues, des visions... Mais pas d'histoire claire. Comme si l'auteure avait préféré regarder vivre ses personnages. Et le livre se terminera, de façon ouverte, en apportant de nouvelles questions.
Je me suis demandé à quel imaginaire se rattachait cette histoire. Le monde où vivent les personnages est une sorte de 19ème siècle colonial, nourri d'impressions d'Asie, de Western et d'Europe décadente. Pas tellement de noms reconnaissables. Les personnages eux-mêmes paraissent inspirés de mangas (genre Samourai Champloo), dont ils ont le design stylé, romantique et exagéré (je songe surtout à Gwynn et à ses collègues...). Quant à leurs rencontres et aventures elles relèvent de rêveries adolescentes. Tout cela s'assemble et se tient, curieusement bien, formant une sorte de chimère littéraire.
Par sa structure un peu errante, the Etched City pourrait se rapprocher de la cité des saints et des fous. Mais la ville d'Ashamoil n'est pas le personnage principal du livre. Et la structure reste celle d'un roman. De fait, j'ai l'impression que ce roman stylé n'a pas d'intrigue, ou plutôt que l'intrigue n'est pas l'élément qui compte. A la place, on y trouvera : des odeurs de viande, des atmosphères de mousson, des comportements fin-de-siècle, une chanteuse de cabaret, de la chirurgie, des monstres, des accouchements bizarres, un hôtel perdu dans la jungle, de belles gravures en bichromie, un laboratoire médical délabré, des enfants-tueurs qui se battent au couteau dans les rues, des séances de spiritisme et un cheveu rouge... voilà la matière de the Etched City, tout ce qui fait son charme, curieux, étrange, imparfait.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire